Le Parti Populaire s’oppose à une proposition de loi qui permettrait aux personnes divorcées et veuves de modifier leur état-civil. L’enjeux est symbolique, mais en politique les symboles comptent.

Le député Gautier Calomne (MR) a déposé une proposition de loi qui permettrait à ceux qui le souhaitent de passer du statut de « veuf » ou de « divorcé » à celui de « célibataire » dans les registres de l’état civil. Le député libéral, qualifiant sa proposition de « consensuelle », veut ouvrir la cosignature du texte à tous les partis, y compris ceux de l’opposition.

Le libéral veut adapter la législation à l’évolution des mœurs : plus d’un mariage sur deux aboutit au divorce et les familles recomposées se multiplient. Certains Belges se sentent stigmatisés par leur état civil de « divorcé ». Si l’intention de Gautier Calomne est, sans aucun doute, généreuse, les raisons avancées posent question : la Loi doit-elle suivre aveuglément l’évolution des mœurs, ou doit-elle garantir le bien commun ?

Tout d’abord, il est douteux que le statut de « divorcé » stigmatise vraiment. Unia, l’institution publique de lutte contre la discrimination, n’a jamais reçu de plainte liée au statut de « divorcé ». Des règles très précises encadrent l’utilisation des données d’état civil. De plus, la mention dans les papiers administratifs de l’état-civil, « veuf » ou « veuve » par exemple, peut donner droit à des avantages financiers.

Ensuite, cette proposition de loi, pour symbolique qu’elle est, renforce l’idée selon laquelle le mariage ne serait qu’un contrat comme un autre, révocable à volonté. Pour le Parti Populaire, le mariage devrait être au contraire un modèle de stabilité familiale. L’union civile est un choix personnel posé en vue d’un bien commun : fournir un cadre familial stable, propice au développement et à l’épanouissement des générations futures.

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