Six mois après sa fondation en 2009, le Parti Populaire (PP) obtient un député fédéral et devient d’entrée de jeu le cinquième parti francophone. Aux élections de 2014, le parti obtient deux députés, un au niveau fédéral et un autre au régional. Au scrutin européen, le PP fait plus de voix que le PTB, deux fois les résultats du FDF (devenu DéFI) et environ moitié moins de voix qu’Ecolo. Pourtant, l’exposition médiatique de ces trois autres partis dépasse de loin celle du PP.

En dépit de son poids électoral et de son positionnement unique à la droite de l’échiquier politique francophone, le Parti Populaire fait l’objet d’un boycott systématique de la part de la RTBF et de RTL. Les deux groupes de médias audiovisuels n’invitent pratiquement jamais le PP à leurs émissions politiques, ne couvrent pratiquement jamais ses conférences de presse ou ses congrès, ne sollicitent jamais les réactions de son parlementaire après un débat à la Chambre, etc.

Le boycott médiatique du Parti Populaire en chiffres

Entre juin 2014 et juin 2016, la RTBF a consacré lors de ses JT sept sujets au Parti Populaire, 53 sujets au PTB (soit 8 X plus que le PP), 73 sujets à DEFI (soit 10 X plus que le PP) et 240 sujets à ECOLO (35 X plus que le PP).

La discrimination est tout aussi criante si on examine les émissions politiques de la RTBF. Ainsi, le PP n’a été invité qu’une fois en trois ans au débat dominical du matin (« Les décodeurs » devenu « A votre avis ») depuis les élections de 2014. En comparaison, le PTB a été invité huit fois, DéFI sept et ECOLO 32 fois.

Tous les jeudis soir, après le JT, la RTBF feint d’ignorer l’existence du PP. Du 1er septembre 2014 au 27 avril 2017, le PP n’est jamais monté sur le plateau de « Jeudi en Prime ». Le PTB et DEFI ont été invité deux fois, ECOLO sept fois.

Enfin, le PP a été invité deux fois en trois ans depuis les élections de 2014 (la dernière fois le 9 novembre 2015) à l’interview matinale « L’acteur en direct » de 7h50 sur la Première. Le PTB a été interviewé neuf fois, DEFI 15 fois et ECOLO 40 fois.

Même traitement discriminatoire du côté du groupe RTL. Entre 2014 et 2016, sa chaîne télévisée RTL-TVI a consacré deux sujets au Parti Populaire durant ses JT. A titre de comparaison, le PTB a bénéficié de 39 apparitions (soit 20 X plus que le PP), tandis que DEFI s’est vu consacré 70 sujets (soit 35 X plus que le PP) et ECOLO 156 (80 X plus que le PP).

Comme à la RTBF, les émissions politiques d’RTL n’améliorent pas le tableau. Entre le 6 septembre 2015 et le 7 mai 2017, le Parti Populaire n’a été invité que trois fois au débat dominical d’RTL-TVI « C’est pas tous les jours dimanche ». En comparaison, le PTB a été invité 12 fois, DEFI neuf fois et ECOLO 23 fois.

Du 1er septembre 2014 au 27 avril 2017, le PP n’a jamais été l’« l’Invité » de Pascal Vrébos après le JT dominical de 13 heures. Pour sa part le PTB a été invité trois fois, DEFI quatre fois et ECOLO huit fois.

Enfin, du 1er juillet 2015 au 27 avril 2017, le PP n’a été interviewé qu’une fois lors de « L’invité » de 7h50 sur Bel RTL. En comparaison, le PTB a été invité 12 fois, DEFI 13 fois et ECOLO 34 fois.

Mischaël Modrikamen, le président du Parti Populaire, n’a plus été invité sur les antennes de RTL-TVI depuis octobre 2010, soit voici plus de 7 ans. Un journaliste, fraîchement engagé chez RTL BELGIUM, s’était même vu déclarer : « Tu peux inviter n’importe qui ou parler de n’importe qui, sauf de Modrikamen. »

Un boycott médiatique illégal et contraire à la déontologie

Les deux grands groupes audiovisuels doivent se plier à une obligation légale et déontologique de pluralisme politique. Que ce soit dans les émissions politiques ou dans les JT, les rédactions doivent veiller à donner aux citoyens une information équilibrée et complète. En boycottant le Parti Populaire, la RTBF et RTL enfreignent l’article 36 du décret du 24 juillet 2009 et leur propre règlement d’ordre intérieur.

Par le passé, le Parti Populaire a déjà lancé une assignation en référé contre la RTBF. Le 24 septembre 2012, cette dernière fut condamnée par une ordonnance cinglante l’enjoignant à respecter son obligation de pluralisme politique. Ce qu’elle ne fit jamais, faute d’astreintes assortissant cette ordonnance.

Conformément à la directive européenne « Télévision sans frontières », RTL Belgium doit pour sa part se plier au droit de l’Etat ou les décisions éditoriales sont prises et où une partie importante de ses effectifs médias sont situés, même si son siège est officiellement établi au Luxembourg.

L’administrateur-délégué, Philippe Delusinne, acculé, donne le change dans de récentes interviews en prétendant que RTL Luxembourg prendrait les décisions éditoriales.

Dans d’autres interviews, il reconnaissait pourtant que l’ensemble des décisions éditoriales d’RTL-TVI étaient prises exclusivement à Bruxelles, ce qui est évidemment conforme à la réalité. Seul les financiers opèrent depuis Luxembourg.

Le boycott du Parti Populaire par la RTBF et par RTL réduit délibérément l’offre politique en Wallonie-Bruxelles, car pour exister un parti a besoin de visibilité médiatique. En dépit de la déferlante des nouveaux médias, le citoyen belge demeure un grand consommateur de radio et de télévision.

 

Vous trouverez en téléchargement dans cet email :

Le dossier de presse du Parti Populaire sur l’affaire RTBF-RTL + les slides de la conférence de ce matin sur le sujet.

Télécharger le dossier de presse sur l’affaire RTBF-RTL​

Télécharger les slides sur l’affaire RTBF-RTL​

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