Le gouvernement Michel a bouclé le budget 2015 et le “tax shift”, le glissement fiscal qu’il avait annoncé. C’est un piètre bricolage, avec des chipotages à la marge, sans la moindre vision. Le seul vrai but était de réduire les charges sur le travail, qui handicapent désespérément notre économie surchargée de ponctions fiscales et qui ne parviennent pas à créer le moindre emploi.

Le seul bon point, c’est que les charges sociales sur les emplois devraient passer de 33 à 25% et redonner un peu d’oxygène aux entreprises. Mais, le gouvernement a complètement oublié les mesures spécifiques qui auraient dû être prises pour les PME et les indépendants. Pour le secteur de la construction, à haute intensité de main-d’oeuvre, c’est à un niveau de 13% qu’il faudrait se trouver pour sauver des emplois.

On attendait en compensation des réductions des dépenses publiques: il n’y en a pas. Rien! Seulement un accroissement de la fiscalité sur les personnes et les entreprises. Quel bel exercice!

Le retour à 21% de TVA sur l’électricité, qui avait été réduite il y a 2 ans à 6%, pour cacher les surcoûts imposés par la stupide politique des “énergies renouvelables” et la fin programmée du nucléaire est une mesure qui va faire très mal.

Ajoutons l’augmentation des accises sur le diesel, le tabac, l’alcool et les sodas qu’on ajoute donc à la liste des “méchants” produits. Des mesures archi-classiques et inefficaces au niveau des rentrées fiscales (sauf pour l’électricité). Où est la réforme de l’impôt des sociétés? Où est la réduction des intérêts notionnels? Rien de précis sur la taxation du capital, des activités spéculatives ou sur l’évasion fiscale (taxe Cayman).

Ce tax shift, c’est de la poudre aux yeux, de la part d’un gouvernement pressé de partir en vacances et qui a seulement cherché à faire glisser 7 milliards d’EUR de baisses de charges, qui étaient déjà comptabilisées dans le budget 2015. On râcle les fonds de tiroirs et on boucle le budget pour assurer l’équilibre en 2018… si les chiffres engrangés sont corrects, ce dont on peut franchement douter au niveau des rentrées annoncées.

Et pourtant!

La coalition actuelle était l’occasion d’une véritable politique de rupture, telle que la préconise le Parti Populaire. La Belgique a le deuxième taux d’imposition au monde, derrière la Suède : 60 % de toute la richesse produite part à l’Etat.

Le coût du travail, en raison des charges sociales, est aussi le plus élevé au monde : pour 2.000 € nets en poche du travailleur, il en coûte chaque mois 5.000 € à l’employeur.

Cela explique pourquoi les fins de mois sont difficiles pour les travailleurs et pourquoi le chômage explose en Belgique. Pour sortir de ce cercle vicieux, une seule solution : économiser en allégeant l’Etat dans toutes ses composantes, au fédéral et au régional. Où faut-il porter le fer?

– Le Sénat : 52 millions € de frais de fonctionnement

– 20 ministres et leur cabinet : 25 millions €

– 100 parlementaires et leurs attachés : 100 millions €

– Les provinces en tant qu’institutions politiques : 200 millions €

– Les intercommunales wallonnes qui doivent fusionner : 100 millions €

– Les Tec Wallons qu’il faut restructurer d’urgence : 5 millions €

– L’aide à la presse : 450 millions €

– Les subsides inutiles aux ASBL politisées (MRAX, …) : 100 millions €

– Les aides sociales aux immigrants qui n’ont jamais cotisé : 2 milliards €

– Les subsides inutiles aux entreprises : 500 millions €

– La suppression des intérêts notionnels injustes : 3 milliards €

– L’expulsion des détenus étrangers dans nos prisons : 300 millions €

– Les doublons enseignement public/privé : 1 milliard €

– Les allocations familiales accordées à l’étranger : 42 millions €

– Les subsides aux syndicats pour les allocations de chômage : 150 millions €

Le Parti Populaire propose un montant total réaliste d’économies de 8 milliards € ou 8.000 € de taxes par famille wallonne ou bruxelloise. C’est plus que le “tax shift” qui, lui, ne réduit en rien la ponction fiscale et s’avérera décevant en termes de rentrées, tant ses résultats ont été surévalués par le gouvernement Michel!

Avec des économies telles que celles proposées par le Parti Populaire, on peut aller beaucoup plus loin dans la réduction des charges sur le travail, donner un coup de fouet à la compétitivité et augmenter l’aide aux belges démunis, avec revalorisation des pensions et remise en état de la justice, …

Le gouvernement Michel a déçu, une fois de plus.

 

 

 

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