Le Parti Populaire et son président étaient à Washington, conviés par la prestigieuse Heritage Foundation pour s’exprimer sur l’état de l’UE et de la Belgique, avec les autres partis coalisés au sein de l’ADDE (Alliance pour la Démocratie Directe en Europe).

Nous avons rencontré Mischaël Modrikamen, à son retour des Etats-Unis, pour recueillir ses impressions. Les échanges entre les membres de l’ADDE et la Heritage Foundation, l’un des plus importants think tanks conservateurs Outre-Atlantique dessinent les contours d’un axe occidental élargi.

Le Peuple : Dans quel cadre précis vous êtes-vous rendu à Washington?

M.M. : En tant que membre fondateur de l’ADDE, le PP a été invité aux côtés de l’UKIP, de Debout la France, des Démocrates Suédois ou encore du Parti des Citoyens Libres (Tchéquie) dans le cadre de la rencontre « Patriotic Voices of Europe » organisée par la Heritage Foundation. C’est l’un des plus influents think tanks conservateurs des Etat-Unis. Pour se faire une idée, il compte 250 employés et un budget de 70$ millions… Nous avons été invités pour donner notre vision sur l’état de nos Etats respectifs et aussi sur celui de l’UE.

Le Peuple : vous avez livré une description sans concession de la Belgique…

M.M. : Beaucoup d’Américains ont été stupéfaits de la réalité belge, avec ses inimaginables charges sur le travail, son déclin moral, son immigration de masse et son radicalisme musulman. Quant à une certaine presse belge, elle s’étrangle de voir ce qui a été dit alors que c’est elle qui est supposée relater le réel… Mais elle préfère adopter le prisme déformant de ses lunettes progressistes!

Le Peuple : Qu’avez-vous retiré de cette rencontre?

M.M. : Je suis ravi de voir se dessiner un axe patriote pour appuyer les partis européens patriotiques. On voit une convergence de vue entre les Américains, les Canadiens, les Israéliens et même les Indiens. Ce qui nous rassemble, ce sont l’état de droit,  les droits de l’homme,  les valeurs judéo-chrétiennes, le respect de notre histoire et celui de la libre entreprise. Ce dernier point, on l’oublie souvent, est essentiel au bon fonctionnement d’une démocratie. Nous avons de grands projets à cet égard dont une alliance qui sera sans doute formalisée dans les mois qui viennent.

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Le Peuple : Et les Russes dans cet axe?

M.M. : J’ai toujours été atlantiste. Pourtant, j’ai toujours considéré les Russes comme des alliés. Si je peux y contribuer d’une façon ou d’une autre, je veux être une tête de pont pour leur intégration dans cet axe. D’autant que de nombreux conservateurs américains prônent un « reset » des relations avec la Russie.

Le Peuple : Quel a été l’accueil là-bas concernant l’accord avec l’Iran?

M.M. : Les conservateurs sont très inquiets. Pour eux, c’est un véritable « Munich »! L’accord fait gagner 10 ans à l’Iran dans sa course à l’armement nucléaire. Si les Iraniens ne veulent pas jouer le jeu, il faudra attendre 28 jours pour pouvoir mener une inspection dans un site sensible.… sans experts américains par- dessus le marché! L’Iran va aussi engranger immédiatement 100 $ milliards bloqués ce qui signifie plus de terrorisme en Syrie, en Irak, au Yémen et ailleurs. L’Iran est un Etat terroriste. En plus, dans 5 ans seulement, l’embargo sur les armes est levé et dans 8 ans il est levé pour les missiles stratégiques! Cela signifie qu’à terme, Israël mais aussi l’Europe et les USA seront à la merci d’un chantage iranien! Cet accord, c’est la bérézina des Occidentaux… et celle des négociateurs que sont Obama, Mogherini ou Kerry!

Le Peuple : dans le cas de l’Europe, les négociateurs n’ont pas été élus…

M.M. : Déjà, aux Etats-Unis, Obama, ce n’est plus l’exceptionnalisme américain, c’est d’abord l’élu des minorités revendicatrices (les noirs, les latinos, les bobos  et que sais-je encore) pas du “mainstream” : ! A l’Europe, c’est encore plus fort. Mogherini, c’est une ex-communiste doublée d’une parfaite inconnue qui a été propulsée le moins démocratiquement du monde à la tête de la diplomatie européenne. Personne ne sait qui elle est ni d’où elle vient. Et elle ne sait certainement pas où elle va, si ce n’est dans le mur.  Pauvres de nous!

Le Peuple : Et du côté iranien?

M.M. : l’Iran n’est pas une démocratie, c’est une théocratie. Le président Rohani doit toujours s’en remettre au guide suprême. C’est dramatique que l’Occident ferme les yeux là-dessus. En 2009, Ahmadinejad avait grossièrement truqué les élections. Le peuple iranien avait courageusement tenté de se soulever et l’Occident, plutôt que de lui venir en aide, a fermé les yeux sur la sanglante répression.

Le Peuple : Il y a déjà eu un précédent dans l’Histoire avec l’abandon du Shah

M.M. : Les années Obama seront un jour assimilées à des années d’humiliation, comme jadis les années Carter! Carter a, en son temps, lâché le Shah d’Iran. Obama, lui, a lâché l’Egypte de Mubarak pour soutenir l’islamiste Morsi. Heureusement que les Egyptiens ont eu une réaction de rejet salutaire… L’Histoire se répète, inlassablement.

T.H.

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