Marre du chantage permanent de la Grèce! Les Grecs ne sont pas des martyrs et leurs dirigeants doivent assumer les mesures à prendre pour remettre leur pays sur les rails, tout en remboursant leur dette aux échéances prévues. 

Christine Lagarde (FMI) est raisonnable dans ses demandes au ministre grec des Finances Varoufakis. Le gouvernement grec n'est pas fiable et triche en permanence

Christine Lagarde (FMI) est raisonnable dans ses demandes au ministre grec des Finances Varoufakis. Le gouvernement grec n’est pas fiable et triche en permanence

La Grèce a surpris tout le monde mardi, quelques heures avant l’expiration du délai pour le remboursement d’1,6 milliard d’Euros au FMI, en faisant comme si de rien n’était et en demandant à ses créanciers de pouvoir conclure un nouvel accord sur 2 ans, leur accordant de nouvelles lignes de crédit, pour “pouvoir restructurer la dette du pays”, dans le cadre du “mécanisme européen de stabilité” (MES). C’est une demande technique normale de demander un 3e programme d’aide, dans la mesure où le deuxième programme d’aide de 142 milliards d’EUR se clôturait le même jour, mardi 30/6. Pour les créanciers de la Grèce, la première réponse est Non, mais la demande suivra son cours administratif.

Tout le monde doit désormais attendre le référendum décidé “ex abrupto” par Tsipras dimanche (et pour lequel il demande aux citoyens grecs de voter NON). Il a interrompu les négociations et les grecs ne pourront pas se prononcer sur une question claire ou un programme précis. Ce référendum, c’est de la démagogie pure pour faire pression sur nous tous, ses créanciers.

Philippe Maystadt, ancien Ministre des Finances (CDH) et coresponsable du bourbier grec, s’est exprimé sur les ondes de la RTBF, ce mercredi matin. Il a fait une remarque intéressante, en rappelant que malgré les hurlements des politiques et des citoyens grecs (ces derniers ne comprennent pas ce qui se passe), le service (remboursement) de la dette grecque ne pèserait que 2,6% du PIB grec chaque année pour les 10 ans à venir. C’est moins que le poids du remboursement de la dette dans le budget annuel de la Belgique pendant la même période. Cela signifie que, malgré l’importance de la dette grecque et grâce à l’étalement de la dette et aux réductions déjà obtenues, le pays peut rembourser sans plonger sa population dans la misère. “Le taux d’intérêt moyen sur la dette grecque”, poursuivait Maystadt, “n’est que de 2,26%, alors que l’Allemagne paie 2,37% et la Belgique 3%”.

C’est au gouvernement grec à fournir un plan d’assainissement de ses finances et à expliquer à ses créanciers ce qui sera fait pour réduire les dépenses ou augmenter les recettes. Jamais l’Europe ou le FMI n’ont exigé de Tsipras qu’il réduise les petites pensions. De plus, il est normal que, comme pour la plupart des pays européens, la pension soit fixée à 67 ans (avec possibilité de partir plus tôt). Mais, Tsipras triche en permanence et n’a fait aucune proposition sérieuse en 3 mois.

Le problème de la Grèce, c’est son économie du tiers monde, sa désorganisation complète, l’inefficacité de son administration hypertrophiée et l’orgueil des dirigeants qui refusent toute aide technique européenne pour apprendre à collecter l’impôt ou à organiser l’état. La Grèce n’est pas un état industrialisé, c’est un état en voie de développement qui n’aurait jamais dû être autorisé à entrer dans la zone EUR. Maintenant qu’ils y sont, par la faute de nos dirigeants des années 1999 et 2000, il faut vivre avec cet état failli et tenter de lui faire remonter la pente, dans l’intérêt de tous: nous, qui lui avons prêté de l’argent et la population grecque, qui a vu son niveau de vie dégringoler de 25%. Ce ne sont pas les recettes d’extrême gauche de Tsipras qui sortiront les grecs du pétrin, au contraire.

Soyons pratiques. Que l’Europe et le FMI donnent encore un petit quelque chose à Tsipras, pour permettre à ce démagogue de garder la face, dimanche, lors du référendum, en espérant que les Grecs diront oui et que cette maudite négociation puisse enfin se terminer. Si pas, que la Grèce sorte de l’EUR et que les autres pays de la zone EUR pansent leurs plaies, en gardant le cap de la rigueur. Il n’y a pas de “recette de gauche” pour sortir de nos problèmes.

Aux dernières nouvelles, Tsipras et son parti ne vont pas annuler le referendum de dimanche, après y avoir pensé pourtant sérieusement; ils ont peur que les grecs ne votent oui alors que lui-même, Tsipras veut le non et croit pouvoir encore négocier. Syriza et le gouvernement grec ont perdu toute crédibilité. Tout ce petit monde se remettra à table lundi pour continuer à subir le chantage grec…

L.R.

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