Denis Ducarme, le très brillant chef de groupe du MR au parlement fédéral, démontre, une fois de plus, que le Parti Populaire sert de “think tank” au MR.

C’est Christian Carpentier, notre collègue de SudPresse qui le publie aujourd’hui: face aux nouvelles menaces de grève de la FGTB, Denis Ducarme s’empresse de reprendre une proposition de loi rentrée par le député fédéral du Parti Populaire, Aldo Carcaci, le 3 juin dernier, qui vise à encadrer le droit de grève et interdire les piquets de grève dans certaines conditions. 



Aldo Carcaci, député fédéral du PP

Aldo Carcaci, député fédéral du PP

Interdire les piquets de grève ? La menace avait été brandie à l’automne dernier, en plein cœur des grèves tournantes qui avaient paralysé le pays. C’est le Parti Populaire qui a pris la balle au bond et déposé une proposition de loi bien rédigée et précise à la Chambre. C’est une première. Le député Aldo Carcaci, député du PP ne propose pas d’interdire le droit de grève, mais de l’« encadrer » en « garantissant le droit de travailler », le droit de « circuler librement sur la voie publique », ainsi que celui « d’accéder à et de sortir de son lieu de travail ». En effet, si le droit de grève est un élément fondamental dans une démocratie, l’usage abusif qui en est fait régulièrement à travers le déploiement de piquets de grève, constitue une entrave à la liberté de ceux qui veulent travailler ainsi qu’une nuisance pour l’économie, qui n’a pas besoin de cela.

Et SudPresse de remarquer qu’en l’état, le texte a peu de chances de passer: on voit mal le PS et Ecolo l’appuyer. Et le MR ? « Les propositions d’extrême droite ne sont pas dignes d’intérêt à mes yeux ! » rétorque d’emblée son chef de groupe, Denis Ducarme.

Et Denis Ducarme d’annoncer qu’il prépare un texte en la matière avec l’Open VLD mais qu’il ne le déposera pas; “je n’ai pas envie que ce soit pris comme une provocation. Je veux juste l’avoir sous la main au cas où on constaterait de nouveau des excès”.

Immédiatement Marc Goblet, le patron de la FGTB a éructé que “c’était contraire à toutes les règles internationales”, ce qui est faux. Plusieurs pays, dont la Grande-Bretagne ont sévèrement limité le droit de grève, en permettant aux travailleurs qui veulent travailler malgré la grève d’être autorisés à le faire.

Ce n’est pas la première fois que le MR copie honteusement les propositions du PP. On se rappelle la reprise immédiate de la proposition de supprimer les charges sur les 3 premiers emplois de toute entreprise, faite par le PP. Sur les questions d’immigration, le MR ne parvient pas à définir une véritable politique et copie les propositions du PP. Voici maintenant Denis Ducarme, qui peine à se faire un prénom, copiant sans vergogne les proposition du PP en matière sociale. Pitoyable! En droit civil, la propriété intellectuelle jouit d’une protection devant les tribunaux. En politique cela n’est pas le cas. Ducarme amateur de déclarations tonitruantes, moins de gestes forts, semble avoir eu, pour le coup, plus à cœur de ne pas se mettre à dos les syndicats (ne l’oublions pas, il existe un syndicat libéral) à des fins électoralistes plutôt que de mener à bien une réforme essentielle, celle de la liberté au travail. « Chien qui aboie ne mord pas », nous dit la sagesse populaire…

La dérive autoritariste des syndicats.

N’en déplaise aux syndicats, sur le fond, le Parti Populaire voit dans le droit de grève un droit fondamental mais certainement pas un droit absolu, ce qui est malheureusement le cas aujourd’hui. Afin de préserver l’expression légitime de la contestation dans le droit du travail tout en limitant ses dérives, il est important de réaffirmer la liberté de travailler dont doit pouvoir jouir de façon effective tout travailleur. La proposition déposée par Aldo Carcaci fait d’ailleurs écho aux textes de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) qui consacrent eux-mêmes la « protection de la liberté de travail pour les travailleurs non-grévistes ». En réalité, le PP ne fait que réaffirmer des évidences qu’aucun parti réformateur ou prétendument libéral n’a jamais eu le courage de faire respecter dans la pratique, malgré des décennies passées au gouvernement, tout cela par peur d’écorner une pseudo-paix sociale faite d’incessants compromis qui relèvent en fin de compte surtout de la compromission érigée en système. Souvenons-nous de la célèbre Raymonde dont la vidéo a révélé toute la tyrannie exercée par certains délégués syndicaux qui pervertissent l’esprit même de la grève. Et que penser de ces piquets qui ont bloqué un rond-point à proximité d’un aéroport, ou d’un hôpital en ne laissant d’autre choix aux gens que d’abandonner leur voiture?!

Malgré l’obstruction des syndicats qui veulent maintenir leurs pratiques autoritaristes dans le monde de l’entreprise, en usant de la force, pour restreindre les libertés de ceux qui refusent les grèves (et ils sont nombreux!), malgré les poussées d’égo au MR, le PP poursuit sereinement, à travers son travail parlementaire, son objectif de réforme en vue d’une société plus libre, plus flexible et plus prospère. C’est toujours dans ce même souci de cohérence que le Parti Populaire a également déposé un projet de loi visant à doter les syndicats de la personnalité juridique.

T.H. et L.R.

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