Wallonie : cachez cette dette que je ne saurais voir !

Elle avait presque fière allure, la dette wallonne, lorsqu’elle affichait –foi d’André Antoine (CDH), alors ministre du Budget- six milliards d’euros au compteur. C’était il y a un an, un siècle, une éternité en politique. Depuis, avec la révision du périmètre des administrations publiques et de la comptabilisation des financements alternatifs, elle s’élève à 18,6 milliards d’euros. Une question se pose désormais : que se cache-t-il encore dans les tiroirs ?

Lacroix

En janvier dernier, déjà, la dette wallonne s’était invitée dans le débat. Dans son calcul, et contrairement au gouvernement, la Cour des Comptes s’était basée sur les nouvelles normes comptables européennes. Le ministre du Budget officiant lors de la précédente législature, André Antoine avait alors dû s’expliquer sur le passage de 6,25 milliards à 11,237 milliards. Une bagatelle probablement.

Le fraîchement nommé ministre du budget Christophe Lacroix (PS) a confirmé, hier après-midi en commission, que le montant de la dette s’élevait désormais, selon les normes actualisées, à 18,6 milliards. Trois fois plus qu’il y a un an donc. L’augmentation est due principalement aux sociétés de logement (6,5 milliards d’euros), aux financements alternatifs et missions déléguées, notamment à la Société wallonne des Aéroports ou encore à la Société régionale d’Investissements en Wallonie (3,7 milliards).

Cachez cette dette que je ne saurais voir. Tel semble avoir été (et être ?) le leitmotiv des responsables politiques wallons qui, peinant visiblement à afficher la pleine étendue de leurs excès, préfèrent les cacher dans les tiroirs. Nous sommes aujourd’hui curieux de savoir ce que ceux-ci renferment encore comme mauvaises surprises.

Député wallon du Parti Populaire, André-Pierre Puget rappelle que sa formation politique “luttera pour davantage de transparence”, mais aussi “pour une diminution drastique des dépenses inutiles occasionnées par la multiplication des intercommunales, l’existence d’institutions inutiles comme les provinces”. Le représentant du PP conclut en répétant son “désir de rationalisation au service de l’intérêt public pour les Wallons”.

GREGORY BRUEL