PS : le grand ravalement!

Le PS, inquiet de voir le PTB rogner sur l’aile gauche de son électorat, tente de redorer sa façade idéologique à travers un « Chantier des idées ».

C’est la crise pour tout le monde, même pour le PS. Elio Di Rupo, à qui la cure d’opposition ne semble guère profiter, s’est lancé pour défi de rendre au PS un semblant d’idéologie. A coup de conférences-débats, le PS cherche la solution à différents problèmes.

Tout d’abord, le nerf de la guerre, l‘argent. Qui mieux qu’un ex-premier ministre peut avoir une conscience réelle de l’état des finances du pays et surtout des paramètres sur le moyen terme, c’est-à-dire rien de très enthousiasmant? Faut-il rappeler que sous l’ère socialiste, la dette publique a officiellement passé le cap des 100% du PIB selon l’OCDE … Un chiffre bien en-dessous des 655% avancé à l’époque par Johan Van Overtveldt, du temps où notre actuel ministre de l’économie était encore journaliste économique pour le Trends. On comprend vite que dans la logique d’un parti socialiste, la baisse de régime de l’économie soit l’une des pires nouvelles en ce qui concerne les rentrées fiscales. Le socialisme s’inscrit bien dans le matérialisme.

rallye_vert-034c6Ensuite, vient l’emballage, le marketing. Comment contrer un PTB, qui fait le plein d’électeurs, en écrémant la gauche de la gauche et qui puise donc dans les rangs des écologistes, mais aussi et surtout des socialistes? Après avoir capitalisé sur le communautarisme, en faisant le plein de voix allochtones dans les grandes agglomérations, le PS semble aujourd’hui lorgner sur l’électorat écologiste et miser sur un segment « bobo », en phase avec le concept de décroissance mis à l’honneur lors de la deuxième phase du chantier intitulé «Finie la sainte croissance?»

Le PS a étouffé la crémière sous les taxes et les réglementations. Maintenant, il s‘attèle désormais à réinventer le fil à couper le beurre… Décidément, il n’y a vraiment que le peuple que le PS néglige dans ses projets programmatiques!

En fait, ce n’est guère surprenant, car le peuple attend de ses dirigeants de la cohérence là où le PS propose une idéologie de façade, faite de slogans incohérents et déconnectés du réel. Incapable de préserver les conditions d’une croissance nécessaire à la survie de son modèle, il se verrait bien en apôtre de la décroissance. Ce qui ne l’empêche pas, dans le même temps, de faire la promotion de l’immigration pour soi-disant soutenir le système social… par la croissance et l’emploi. Ne cherchez plus la cohérence, elle a définitivement abandonné le socialisme.

A l’exact opposé, le Parti Populaire défend le bon sens et la croissance soutenable à l’image de ce que décrivait déjà l’économiste, Geert Noels, en 2012, lorsqu’il exprimait à nos confrères de la RTBF que « La croissance issue des avancées technologiques et des innovations est saine; malheureusement elle ne se chiffre pas à 2 ou 2,5% mais entre 0,5% et 1,5% maximum. Doper la croissance par des artifices pour atteindre des taux plus élevés n’est pas durable, il faudrait donc mieux s’habituer à des croissances plus lentes, “beaucoup plus pensées sur mesure et adaptées à l’être humain et aux sociétés humaines”. Et c’est donc en toute logique que l’économiste poursuivait son raisonnement par un nécessaire allongement de la carrière, ce que défend depuis toujours le Parti Populaire… Question de cohérence programmatique!

T.H.