Exclusion du chômage : pas vite gênés, Di Rupo et Lutgen!

Elio Di Rupo (PS) reconnaît à la RTBF que l’exclusion des chômeurs était une erreur (de son gouvernement). Benoît Lutgen (CDH) dit sur RTL que « ce n’est pas une bonne mesure en période de crise »… Comment ces politiciens peuvent-ils avoir l’indécence suprême et le cynisme de rejeter les mesures qu’ils viennent eux-mêmes de prendre, et de jouer sur TOUS les tableaux ?!

Lutgen et Di Rupo« J’ai le cœur qui saigne en pensant à ces femmes et à ces jeunes qui vont être exclus du chômage et perdre leur allocation », nous déclare Calimero Di Rupo, en enchaînant : « je demande par humanité que le nouveau gouvernement revienne sur cette mesure ». Voilà deux partis particulièrement populistes et démagogiques à l’œuvre. Ecoeurant !

Selon ces deux partis encore au gouvernement fédéral il y a quelques mois, les mesures qu’ils ont prises ensemble, avec le MR, étaient des mesures voulues par le MR (et pas par eux). Charles Michel pour sa part, a dit et répété la veille, que « c’étaient des mesures prises par le gouvernement Di Rupo », solidaire.

Pour rappel, la Belgique est le seul pays du monde à avoir gardé des allocations de chômage à vie, sans limitations dans la durée. Nos 600.000 chômeurs sont les plus chers d’Europe. Ils représentent 8,7% de la population active, mais il faut tenir compte du fait qu’un million de personnes à peu près sont sans emploi en Belgique, même si elles ne sont pas en recherche active d’emploi. Le coût réel du chômage est plus élevé que les 7 milliards d’€ en allocations dépensés annuellement. Il faut comptabiliser à peu près 13 milliards, qui représentent les allocations mais aussi la perte en impôts et cotisations sociales du « non-travail » de ces chômeurs. C’est 3,5% du PIB belge ; un poste important du budget de l’état.

Il est vrai que l’exclusion du chômage n’apporte pas une grande économie, puisque les chômeurs de très longue durée concernés, sont transférés vers les CPAS et que c’est toujours l’état, c’est-à-dire nous tous, qui payons ces indemnités. L’état fédéral transfère la patate chaude aux communes, sans assurer le financement et organise donc la désorganisation. Rien n’a été fait pendant les 3 dernières années pour préparer les communes à l’arrivée des exclus du chômage dans les CPAS. La mesure est en fait plus symbolique qu’autre chose. Elle obtient certains résultats dans la mesure où beaucoup de chômeurs ne se décident vraiment à chercher un emploi qu’au moment où ils « tombent » au CPAS, mais il y aussi beaucoup de drames sociaux, comme ceux de ces familles dites mono-parentales (entendez des femmes seules avec enfants) qui sont au niveau de la survie et doivent impérativement être aidées et soutenues dans leur vie quotidienne et leur recherche d’emploi.

Tout le monde est d’accord sur le fait qu’il faut tenter de relancer l’emploi. Mais on ne décrète pas de créer des emplois productifs et utiles, cad des emplois privés, qui participent réellement à l’enrichissement du pays. Ce sont les entreprises, les entrepreneurs et singulièrement les PME qui peuvent le faire, si elles ont confiance dans nos gouvernants, dans la stabilité du système et si on leur fiche la paix ! Or sur le plan fiscal et administratif, les entreprises sont écrasées de paperasse, de mesures tatillonnes imposées par une armée de fonctionnaires, d’aides à la création d’emplois dont les PME se passeraient volontiers, si leur charge fiscale était diminuée d’autant. De la simplicité et vite, Messieurs les politiques !

Pour les chômeurs, le Parti Populaire souligne qu’il n’y a pas de droits sans devoirs. Le PP est partisan d’une remise des chômeurs au travail qui leur rendra la dignité, comme cela se passe dans beaucoup de pays, notamment en Europe du Nord. Il faut demander aux chômeurs d’effectuer des prestations qui n’entrent pas en concurrence avec les emplois du marché concurrentiel, mais sont nécessaires au maintien du lien social : aide aux plus démunis et aux personnes âgées, nettoyage des rues et des espaces publics, etc… Le Parti Populaire est aussi favorable au rétablissement du contrôle quotidien des chômeurs, sous forme par ex. de pointage électronique pour éviter le travail au noir ou démasquer les bénéficiaires d’allocations de chômage qui ne résident pas dans notre pays.

Quant aux présidents du PS et du CDH, ils feraient mieux de cesser de tenir des propos démagogiques et de participer efficacement à l’application des mesures qu’ils ont décidées, en toute connaissance de cause. Et ne voilà-t-il pas ce mardi 6 janvier, que l’ineffable Marc Goblet (FGTB) menace à nouveau le gouvernement d’actions de grève: “les braises ne sont pas éteintes”, assure-t-il! Quel pays!

 

L.R.