Nucléaire. RTL, la vérité s’il vous plaît.

Avant-hier encore au JT de RTL, à 19h28’ exactement le présentateur a évoqué à nouveau, les «microfissures » dans les cuves de 2 de nos 3 réacteurs nucléaires qui sont à l’arrêt. Intox ? Inconscience ? Incompétence ? Nous ne savons pas. Le citoyen ne reçoit en tout cas pas la bonne information. Les vrais mots doivent être prononcés...

Un média de cette importance devrait réviser en profondeur la validité de ses informations quand il s’agit de sujets aussi stratégiques pour l’indépendance économique de la Belgique. L’énergie étant, nous le savons tous, une des principales préoccupations de notre pays aujourd’hui.

Le discours que laisse passer RTL sur les éoliennes n’est pas en conformité avec les réalités scientifiques en matière de puissances opérationnelles, nous l’avons écrit dans un de nos articles précédents. Mais, RTL devrait également se renseigner sur l’état des investigations sur les cuves de nos réacteurs à l’arrêt et répercuter les informations au plus près de la vérité. Est-ce trop demander ? Les mots ont un sens, une signification précise. Le Français est une langue merveilleuse. Encore faut-il choisir le bon vocabulaire.

Le mot « fissure » évoque une rupture très proche du métal et provoque une suspicion à l’égard du nucléaire, voire de l’angoisse. C’est une insidieuse sémantique de la terreur. Nous espérons que RTL corrigera le contenu de son information à l’avenir.

Ce média n’était sans doute pas présent lors des différents travaux sur l’énergie qui se sont déroulés au Parlement. Divers organismes et sociétés se sont expliqués devant les Députés Fédéraux. Des centaines de questions ont été posées. Nous allons évoquer la question posée concernant les soi-disant «microfissures ».

Le Député Fédéral du Parti Populaire, Monsieur Aldo Carcaci a posé la question très clairement, il y a quelques semaines, au « Chief Nuclear Officer » d’Electrabel, Monsieur Wim De Clerq : « Pouvez-vous nous confirmer, a-t-il demandé, que le terme « fissure » est inapproprié ? ». La réponse de Wim De Clerq a été immédiate : « Les échantillons testés présentent des inclusions microscopiques d’hydrogène ou « flocons d’hydrogène », mais le terme « fissures » est inapproprié.

Les procès-verbaux sont accessibles pour les médias, nous engageons RTL à les lire. La même question a été posée au parlement avant-hier par Monsieur Kristof Calvo, Chef de groupe des Ecolos-Groen à la Chambre. Une même réponse lui a été donnée: le terme « fissure » est erroné, il s’agit de flocons d’hydrogène.

Pour l’information du lecteur, ces flocons d’hydrogène font partie d’un phénomène normal bien connu des métallurgistes et qui se produit souvent dès la formation de la coulée de l’alliage servant à la création des cuves de centrales nucléaires. Ces inclusions ne modifient en rien la résistance mécanique des parois d’une cuve, surtout si celles-ci sont parallèles aux parois, ce qui est le cas en l’occurrence. Il nous faut également repréciser pour la clarté du débat que les cuves ne pouvaient pas être testées en 1975 comme elles peuvent l’être aujourd’hui. Les techniques et les appareillages notamment ultrasoniques peuvent maintenant détecter ce qui ne pouvait pas nécessairement l’être à cette époque.

Pour dire toute la vérité, Les tests actuels ne sont d’ailleurs pas menés sur des échantillons émanant des cuves incriminées. Nous voudrions savoir d’où proviennent ces « témoins » qui sont paraît-il similaires et qui ont été bombardés par des flux neutroniques de très grande intensité pour les vieillir artificiellement. Nous ne savons pas où ce bombardement a eu lieu … dans le BR2 de Mol ?…. Nous n’avons pas de certitude ni de preuve à ce sujet.

En tout cas c’est une démarche qui ne peut être qualifiée de scientifique. Pourquoi RTL, n’a pas fait de journalisme d’investigation, au lieu de propager ce que les verts essaient de faire croire ? Nous nous efforcerons de rétablir toute la vérité au sujet de nos centrales nucléaires, dans les semaines à venir. 25 ans de dénigrement du nucléaire par les écolos ont mis à mal ce merveilleux outil. Ces centrales doivent rester en fonctionnement sur le moyen terme. Tous les réacteurs doivent redémarrer dans les meilleurs délais. Il n’y a pas le moindre danger. Pas plus d’ailleurs qu’avec tous les réacteurs européens et américains.

Les citoyens attentifs pourront, nous l’espérons, repérer les invraisemblances techniques diffusées par les medias. Nous continuerons de répéter que le nucléaire de quatrième génération (Sels fondus de thorium) est la meilleure filière future pour la production d’électricité dans notre pays. Il faut donc investir d’urgence. 

JACQUES D’EVILLE