Nicolas Dupont-Aignan, Premier ministre de Marine !

Oui, si Marine Le Pen, la candidate au second tour des  élections présidentielles remporte la mise face à Emmanuel Macron, Nicolas Dupont-Aignan sera son Premier ministre ! C’est un séisme politique, le premier ralliement d’importance pour la candidate souverainiste.

Nicolas Dupont-Aignan (4,7% des voix au premier tour) a mûrement réfléchi son ralliement au cours des derniers jours. Il a pris ses responsabilités, en sachant qu’il allait perdre quelques cadres de son parti Debout la France ! Deux départs ont été annoncés, mais Dupont-Aignan a pris soin de préciser que son parti gardait son identité propre et que Debout la France ! serait présent aux législatives. C’est une alliance souverainiste, pas une fusion.

Nicolas Dupont-Aignan deviendra le Premier ministre de la présidente Marine Le Pen, si elle remporte le 2e tour des présidentielles dimanche en 8. Un dream team!

A 11h05, ce samedi 29 avril, à 8 jours de l’élection, Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan ont fait une déclaration commune. «Nicolas Dupont-Aignan est un patriote sincère et exigeant. Il a montré qu’il était capable de sortir du confort des positions installées», déclare la candidate frontiste qui le remercie d’avoir répondu à «son appel». «Je nommerai Nicolas Dupont-Aignan Premier ministre de la France», annonce Marine Le Pen.

La séduction naturelle, l’honnêteté intellectuelle de ce gaulliste convaincu, allié du Parti Populaire de Mischaël Modrikamen en Belgique, aideront puissamment Marine à être la candidate de la droite la plus large au second tour. Le Parti Populaire annonce qu’il prendra position demain dimanche.

La poignée de main historique

A gauche, chez les centristes et Les Républicains, c’est la panique. Peu avant, ce samedi matin, Alain Juppé (Les Républicains) avait dit NON à l’annonce du ralliement au Rassemblement Bleu Marine, faite par Dupont-Aignan vendredi soir. Juppé dénonce «la trahison de Nicolas Dupont-Aignan, l’attitude ambigüe de Jean-Luc Mélénchon, l’effondrement du PS et les finasseries de certains de (ses) propres amis… Cela ajoute à la confusion générale sur laquelle prospère le FN». Juppé, comme Valls, comme Hollande, mettent les Français en garde contre «le séisme géopolitique et le désastre économique» qu’engendrerait une victoire de Marine Le Pen.

Ce serait également, selon Alain Juppé, «une défaite morale». «Je vous adjure donc, mes chers compatriotes, de voter pour E. Macron parce qu’il est le seul le 7 mai à pouvoir éviter à la France le malheur du FN», écrit-il encore.

Pendant ce temps, Emmanuel Macron est à Poitiers. L’écart de points entre les deux candidats s’est réduit toute cette semaine, d’un point par jour. Il faut dire qu’Emmanuel Macron a fait une série de bourdes monumentales : trop de presse « people » avec sa maman son épouse Brigitte, qui montait sur le podium du premier tour avec lui, comme s’il avait déjà gagné la présidentielle. Sa “caravane de président” avec motards pour aller dans sa brasserie favorite, avec Jacques Attali, Stéphane Bern et une bonne partie du microcosme parisien, en plus bien sûr de ses chauffeurs et secrétaires… Au moins Sarkozy avait attendu sa victoire au second tour pour aller au Fouquet’s ! Le lendemain matin, Marine était en route à 6 heures du matin, alors que Macron était encore au lit… La France des gens qui se lèvent tôt.

Il y a aussi la présence des deux candidats chez Whirlpool à Amiens (la ville de Macron), où le jeune candidat de En Marche! n’a pas convaincu.

«Une combine d’appareil», dénonce Emmanuel Macron (de quel appareil ? – Ndlr). En déplacement à Usseau (Deux-Sèvres), Emmanuel Macron a réagi en critiquant une «combine d’appareil qui a vocation à régler les problèmes de crédibilité de Marine Le Pen, qui n’a pas d’équipe autour d’elle (quelle est l’équipe de Macron? Ndlr), et les problèmes de financement de M. Dupont-Aignan».

A 13h45, le microcosme parisien des « people » intervenait avec élégance. Quand les stars s’en mêlent… les insultes pleuvent. Les acteurs Mathieu Kassovitz et Gilles Lellouche ont tous les deux réagi au ralliement de Dupont-Aignan à Le Pen, dans des termes choisis : « espèce de trou du cul » pour l’un et « espèce de grosse merde » pour l’autre.

Que contient l’accord entre Le Pen et Dupont-Aignan ? Les détails de l’accord sont ICI.

La sortie de l’euro n’est plus un préalable. Dans leur projet d’accord de gouvernement en six points pour une «Alliance patriote et républicaine», Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan affirment que «la transition de la monnaie unique à une monnaie française n’est pas un préalable à toute politique économique». Le FN en avait toujours fait une condition sine qua non d’une amélioration de la situation économique. Chacun met de l’eau dans son vin. 

Demain dimanche, le Parti Populaire de Mischaël Modrikamen prendra position. Le député du Parti Populaire, Aldo Carcaci, sera présent sur le plateau de RTL.

C.T.