Modrikamen : « Charleroi, voilà ce qu’il faut faire »

Le président du Parti Populaire s’est livré à une interview vérité. Lui qui est carolo de naissance et de coeur balise les causes de l’échec et surtout les voies du renouveau. 

Que signifie pour vous la fermeture de Caterpillar à Gosselies ? 

Un drame humain pour les familles, mes anciens voisins de Couillet… Un constat d’échec pour la politique wallonne et des années de capitalisme de connivence avec des entreprises gorgées de subventions et d’aides. Elles choisiront toujours le plus offrant. 

C’est donc la fin d’une époque, d’un mode de pensée et d’actions, dont il faut sortir absolument. Le résultat aussi d’un syndicalisme de provocation et d’irresponsabilité. Combien de grèves sauvages à Gosselies pour un oui ou pour un non ? 

Et les politiques ?

Voir la gauche et l’extrême gauche, le PTB,  se précipiter à Caterpillar pour tenter de récupérer le désarroi des travailleurs a quelque chose d’indécent. Voir des hommes politiques (Di Rupo, Magnette mais aussi Charles Michel) qui n’ont jamais travaillé dans le privé ni créé le moindre emploi de leur vie, nous dire ce qu’il faut faire alors qu’ils sont en réalité impuissants et que toutes leur recettes éculées ne marchent pas, a quelque chose de pathétique. 

Ces politiques traditionnels savent dépenser l’argent public. C’est tout. Pour le reste, c’est de la figuration, pour occuper le terrain. 

Quant au PTB et leurs prétendues recettes, c’est la voie assurée pour la misère, la pénurie comme à Cuba, en Corée ou au Vénézuela. 

Les causes profondes de ce nouveau choc ? 

Il faut d’abord dire la vérité aux Wallons. 

Le drame n’est pas que des entreprises ferment mais que trop peu se créent, chez nous. Le taux d’entrepreneuriat wallon, l’envie d’entreprendre, est moitié moindre que la moyenne européenne.  Lorsqu’un produit n’est plus adapté ou encore lorsqu’il y a surcapacité, on arrête de produire. C’est comme cela. Par ailleurs, notre monde est en pleine mutation technologique. Des millions d’emplois vont disparaître par la force des choses. D’autres se créeront ailleurs. 

On attirait ensuite les groupes multinationaux en les gorgeant de subventions, d’intérêts notionnels, d’aides diverses. On ne doit pas s’étonner, dès lors que les centres de décisions sont loin, qu’ils décident un jour de repartir. Ils n’ont aucune attache ici et répondent à la stricte logique du profit. 

La Flandre est riche de ses PME, enracinéeS LOCALEMENT. 

On néglige quoi selon vous en Wallonie ? 

L’Etat et les politiques traditionnels passent à côté de l’essentiel. Pour qu’une économie marche, il faut réunir quelques conditions indispensables :

  1. Des taxes faibles, claires et stables, avec un maximum de 15 à 20 %
  2. Un coût du travail raisonnable, maximum 50 % du salaire net en poche en plus (et pas 250 % de coût pour l’employeur).
  3. De vrais entrepreneurs avec une vision (où sont les Solvay, Empain, …?). Leurs descendants sont devenus des rentiers frileux ou des investisseurs professionnels rétifs à la prise de risque excessive. 
  4. Des gens formés et qui veulent travailler (nous formons moitié moins d’ingénieurs qu’il y a 30 ans et sommes bons derniers aux test Pisa pour l’enseignement)
  5. Supprimer 90 % des lois applicables, inutiles. Libérer les gens d’entraves multiples et insupportables. Les lois sont en grande partie inutiles. C’est un avocat qui vous le dit !
  6. Rétablir une dose de protectionnisme afin de ne pas être en concurrence avec des esclaves payés 1 euro de l’heure ! 
  7. Dire clairement à ceux qui ont perdu leur emploi et qui sont qualifiés : Installer vous en Flandre, en Allemagne où il y pénurie de main d’oeuvre. Arrêtez de vous en remettre toujours à un état nounou. Il y a des opportunités en Europe et dans le monde. 

 

Si on réduit les taxes et les charges sociales, comment payer le fonctionnement de l’Etat ? 

En supprimant, tout ce qui est inutile. La liste esT longue : Le sénat, les institutions provinciales, les communautés, les intercommunales bidons, les ministres excédentaires, les sociétés publiques inutiles où on case les copains et les copains des copains…

En supprimant toutes les subventions inutiles : aux entreprises, aux ASBL bidons (aux Mrax, ..) à la presse (600 millions d’Euros par an), …

En n’achetant pas des F 35 pour 5 milliards d’Euros dès lors que nos F 16 pourront encore servir 25 ans !

En expulsant massivement ceux qui sont venus se servir au buffet de la sécurité sociale belge et qui depuis des années n’ont jamais travaillé, jamais cotisé, jamais contribué à notre richesse commune (9 milliards de coûts nets par an pour la Belgique).    

 

Que doit faire l’Etat alors ? 

Se concentrer sur l’essentiel. 

Former des gens courageux et responsables. Assurer la sécurité. Fournir de bonnes routes. Avoir une justice qui fonctionne et un système de santé performant. Rien de plus. 

Rappeler continuellement aux Wallons que leur avenir est entre leurs mains, personne d’autres. Pour le reste, les laisser tranquilles, exploiter leur créativité. 

Ne pas entraver la création d’emploi. Le premier salarié sans charge a permis de créer 60.000 emplois. Notre programme au PP, ce sont les 3 premiers emplois sans charge. Cela permettrait de créer 150.000 emplois de plus.  

Remettre les syndicats à leur juste place en leur imposant la personnalité juridique, en garantissant le droit au travail à côté du droit de grève et en terminer avec cette culture du harcèlement pour un oui ou un non.

Faire en sorte que nos industries, mais aussi nos employés de la construction ne soient pas mis en concurrence avec des travailleurs qui ne sont soumis à aucune règle. Pour cela, il faut accepter une dose de protectionnisme à l’échelle européen et peut être belge.  

 

Et pour Charleroi ?   

Ma ville est martyrisée. On a l’impression qu’elle a subi un bombardement suivi d’une épidémie d’EBOLA. Le tissu urbain mais aussi social est un des plus délabrés de Belgique, si pas d’Europe. Un quart de la population est sans travail. 

Je propose qu’on y passe d’une ville sinistrée du 19ème siècle à une ville post-industrielle du 21ème siècle. Pour cela, il faudra un « new deal », avec l’aide de tous, des investissements massifs belges et européens. 

Je propose de détruite progressivement la moitié des quartiers de Charleroi et de les transformer en espace verts où on reconstruirait des maisons et appartements passifs (en bois par exemple),par rotation. Le bâti sinistre doit disparaître. Tous les chancres aussi. Produisons y de la nourriture urbaine de qualité. 

Les habitants, les chômeurs, seraient amenés à reconstruire eux-mêmes leur habitat, produire leur nourriture (fruits, légumes entièrement bio). Le reste des habitations préservées serait entièrement « verdurisé » au niveau des façades, des quartiers. Il faut changer de ville complètement. C’est un projet mobilisateur pour tous les habitants qui pourrait être transposé à d’autres villes par la suite. Les habitants seraient formés à cet effet. 

Ce ne doit pas être un rêve écolo mais un projet de société responsabilisant. 

Faisons de Charleroi, le laboratoire d’un renouveau complet, d’un transformation radicale. La population serait remise au travail. Créons dans la foulée une industrie et des services, des écoles voire universités, tournées vers ces techniques du futur. Charleroi redeviendrait une pionnière, comme elle l’a été lors de la révolution industrielle, un exemple et le catalyseur d’une espérance nouvelle. 

  

 

 

 

Le bal des incompétents

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Publié par Le Peuple sur mardi 6 septembre 2016