Mme Fonck et Mr Nollet : fossoyeurs du nucléaire belge

Madame Fonck et Monsieur Nollet ont dépassé les limites de la bonne foi, pendant l’émission « Controverses » de RTL du dimanche 7 décembre. Ils sont non seulement les naufrageurs du nucléaire belge, mais aussi de l’indépendance énergétique de la Belgique. Ils ont présenté un florilège de contre-vérités et de ce que pudiquement les anglo-saxons appellent du « wishful thinking » (Prendre ses désirs pour des réalités).

pilone[1]Comment des gens intelligents pourraient-ils croire à ce qu’ils nous racontent ? Les bras nous en tombent devant les absurdités entendues.
Mensonges de la part d’Electrabel également, qui veut se faire « du blé » et qui nous psalmodie que la prolongation des centrales Doel 1 et Doel 2 va coûter très cher. C’est évidemment faux. Cela devrait coûter ce que coûtent les opérations habituelles : maintenances, approvisionnement en combustible, et autres travaux qui doivent être réalisés de toute façon. Si dépenses il y avaient, elles seraient marginales. Il n’y a pas de vrais coûts additionnels pour une prolongation de l’activité, sauf dans l’imagination des dirigeants d’une société qui fait tout pour soutirer de l’argent aux Belges.

Mystifications de la part de Madame Fonck et de Monsieur Nollet :

– L’énergie la moins chère est celle qui n’est pas utilisée. Ce genre de lapalissade ne trompe plus personne. Que les nouveaux logements soient construits avec de meilleures normes énergétiques, tant mieux. Mais on ne nous fera pas croire que les logements existants vont se voir modifiés en profondeur pour faire d’énormes économies. Les calculs sont vite fait, personne ne fera de travaux coûteux dont le retour sur investissements ne sera qu’infime au bout de 20 ans. Quels sont les particuliers qui veulent dépenser leurs maigres économies pour récupérer quelques euros aux Calendes Grecques, alors qu’on ne sait pas de quoi demain sera fait ? Ils prennent les gens pour des imbéciles, alors que de plus en Wallonie, le gouvernement supprime les primes à l’isolation.

Par ailleurs qu’imaginent-ils donc pour faire face à l’augmentation inéluctable du nombre de logements et d’entreprises, sans parler de l’émergence d’un parc d’automobiles électriques ?

Si nous abondions dans leur sens (biaisé), nous devrions dire : l’économie compense les nouvelles demandes. Et alors ? Nous ne sommes nulle part.
Constatez par vous-même, chers lecteurs, il n’y a aucune proactivité, aucune vision d’avenir chez ces personnages.

– Il n’y a pas de cap clair pour l’énergie, dans notre pays. Ces deux politiciens parlent sans oser dire ce que produit l’éolien et le solaire. Nous n’allons pas vous rappeler tous les calculs et les graphiques. Nous sommes au regret de juger un manque de réalisme total. Car les énergies dites alternatives seront à tout jamais marginales. Il n’y a pas assez de vent ni de soleil en Belgique, n’en déplaise aux chasseurs de primes vertes, qui verront bientôt leurs cadeaux supprimés. Nous espérons que les Citoyens Belges se rendront compte de cette évidence scientifique et mathématique.

Parlons clair, la Belgique pourrait se passer du nucléaire, mais devrait alors recourir pour 85 % de son approvisionnement aux sources d’énergie carbonées (des centrales à gaz – nous pensions qu’écolo était contre le carboné, non ?) ou à de l’électricité en provenance d’autres pays (si c’est la France, les électrons sont en majorité d’origine nucléaire). Qui va payer tout ça ? Les belges surtaxés.

Manipulation de la part de Monsieur Nollet, qui a repris à plusieurs reprises l’exemple du Japon avec l’incident de Fukushima. Monsieur Nollet peut certainement comprendre que l’on ne construit pas une centrale au bord de l’océan dans un pays qui subit des tsunamis régulièrement. Sait-il que les centrales nucléaires japonaises n’ont pas les mêmes sécurités que les nôtres, car elles sont d’un autre type (Réacteur à eau bouillante, sans double confinement). Monsieur Nollet préfère distiller la peur avec une propagande typique de la secte verte.

Un des participants, Monsieur Bruno Comly, ingénieur français en génie nucléaire même s’il se dit écologiste, a confirmé l’une des rares vérités du débats : le nucléaire est une excellente solution d’avenir.
Nous ne parlerons pas de la « menace » des drones, qui n’est pas un danger pour les centrales nucléaires, mais un risque potentiel pour le réseau électrique. Ce qui n’est évidemment pas la même chose.

RTL croyait encore attiser la peur « nucléaire » chez le citoyen.

Quant à Madame Marghem, elle se réfugie dans un discours sans risque, rejetant toute explication pour le futur. On ne peut pas se tromper quand on ne dit rien.

Quelqu’un a confirmé à juste titre que les gouvernements successifs s’étaient bien gardés de prévoir des alternatives sérieuses au nucléaire après 2003, c’est vrai, mais c’est tout simplement parce qu’il n’y a pas pour la Belgique d’alternative bon marché au nucléaire.

Retenez que le bon mix pour la Belgique est le suivant : 85 % de nucléaire, 25 % pour le reste. Vous allez nous dire que cela fait 110 %. Exact : 100 % pour la Belgique et 10 % pour les coups durs et l’exportation !

Le Parti Populaire prône de prolonger jusqu’en 2025 au moins les centrales nucléaires actuelles et en parallèle de lancer de toute urgence les travaux pour aboutir à une filière nucléaire de 4ième génération: les centrales aux sels fondus de thorium.

JACQUES D’EVILLE