Maxime Prévot écoute-t-il les Namurois ?

Assurément, Maxime Prévot n’est, à l’image de son homologue Paul Magnette, pas le moins doué de sa génération. A l’instar du ministre-président socialiste de la Région wallonne et bourgmestre de Charleroi, le démocrate humaniste cumule les fonctions de numéro deux du gouvernement wallon et d’homme fort de Namur. Maxime Prévot est sur tous les dossiers. Trop pour un seul homme. Dans la capitale wallonne, les langues se délient.

Du haut de la citadelle, la vue sur la charmante Namur, tantôt bercée par le soleil, tantôt arrosée par une pluie belgo-belge, donne à la capitale wallonne un éclat particulier, celui –sans que l’on puisse trancher- d’une petite ville de province ou d’un grand village de campagne. Dernier surgeon de la tradition sociale-chrétienne-démocrate-humaniste locale, Maxime Prévot en est devenu l’homme tout-puissant. Trop puissant.

A vouloir être partout et tout contrôler, Maxime Prévot prouve qu’il y a assurément du Milquet en lui. Dans sa ville, le mélange des genres commence à faire tache. Surtout, son incapacité à écouter la population agace. Dans le dossier du centre commercial à l’emplacement de l’actuel Parc Léopold, balayé par la consultation populaire, on sent le ministre tenté de passer outre le verdict des urnes. Vendredi dernier, sous les yeux de Namurois ébahis, il a fait déplacer la statue du roi Albert Ier pour réaménager la place du Grognon.

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Julie, militante du Parti Populaire, témoigne : « Du lieu mythique du Grognon, la statue a été déplacée vers un vulgaire rond-point près du CHRN. Un homme politique aime laisser sa marque dans son sillage pour qu’on parle longtemps de lui. Je pense que c’est réussi ! On en parlera longtemps et je pense que nous, les Namurois, aurons la mémoire bien éveillée au moment opportun. » Dans tout Namur, le son de cloche est le même.

Plus libéral que la désormais grande majorité de ses collègues de parti, le ministre rééquilibre un peu (très peu) le gouvernement wallon vers le centre. Dans sa ville, les citoyens sont loin de telles considérations. Ils attendent de leur bourgmestre qu’il les écoute et qu’il se consacre pleinement à Namur, ce qui n’est pas le cas pour le moment.

GVB