Malgré le boycott médiatique, le PP progresse!

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La semaine écoulée a été riche en sondages et en événements politiques. En Wallonie comme à Bruxelles, le Parti Populaire progresse. De 0,5% pour passer à 2% à Bruxelles, et de 0,7% en Wallonie ce qui lui permet d’atteindre 5%. Cela peut sembler faible. Pourtant, si l’on replace cela dans un contexte médiatique de boycott quasi généralisé du PP, il s’agit peut-être là du signe avant coureur d’un changement plus profond au sein de l’électorat.

Des exécutifs recalés

Alors qu’en Belgique, les francophones recalent les différents gouvernements en leur attribuant une cote inférieur à 5/10, à l’inverse les Flamands délivrent un bulletin satisfaisant pour ce qui les concerne. Sale temps pour les socialistes et leurs acolytes «humanistes » qui ne cessent de perdre des points en Wallonie. Du coup, mécaniquement, le MR repasse en tête comme en 2007, lorsqu’il n’était pas parvenu à capitaliser cette position dominante et avait échoué dans la constitution d’une coalition « orange-bleue ».

Entre surréalisme et masochisme, malgré l’annonce du retour de cette configuration particulièrement favorable et plutôt que de mettre son meilleur ennemi à genoux, le MR se déclare prêt à gouverner avec lui, à en croire Louis Michel.

L’alliance pour le déclin

Faut-il y voir une manœuvre du MR pour ramener le jeu au centre et priver d’oxygène les plus petits partis?  Pour un CDH en passe d’être admis aux soins intensifs à Bruxelles avec un score de 7,6%, ce serait critique. Le FDF inexistant en Wallonie serait brisé dans son élan à Bruxelles où il occupe désormais la 3e place avec près de 13% des votes. Ce recentrage de la politique sur les deux partis dominants supposés s’affronter ressemble aussi à un pacte pour freiner tout ce qui émerge plus à droite comme plus à gauche, c’est à dire le PP et le PTB. En tout cas, ce type de coalitions qui mêle socialistes et libéraux s’apparente aux recettes d’un autre âge.

On dirait deux vieilles copines qui s’offriraient ensemble à une soirée botox… Cette alliance des dinosaures de la particratie traditionnelle n’est pas non plus sans rappeler l’entité UMPS qui s’accroche au pouvoir, tant qu’elle le peut, malgré le déclin qui l’accompagne.

Le MR en mode « Dr Louis and Mr. Charles »

Et puis, soyons de bon compte, d’un côté il y aurait un MR version Junior, accroché à la NVA au fédéral et de l’autre, son exact opposé, un MR version Senior prêt à rempiler avec des collectivistes opportunistes en perte de vitesse. Et l’électeur là dedans? Quelle place occupe-t-il dans cette étrange scène du « bon flic, méchant flic » dont on perçoit mal la finalité. Après tout, le MR malgré qu’il soit à la tête d’une coalition de centre droit parvient à se maintenir en Wallonie…  un exploit en soi! Et si il s’agissait d’un signal, celui d’un curseur politique sur le point de faire un bond vers la droite ?

Pourquoi la Belgique francophone continuerait-elle indéfiniment à fonctionner en sens inverse du reste de l’Europe? La Flandre ne vote-elle pas massivement à droite depuis près de cinq ans maintenant? La France n’envoie-t-elle pas son président socialiste et ses gouvernements successifs dans le tréfonds des sondages?

Le PP paie le prix de l’injustice médiatique

Que le PTB connaisse une progression est un élément parfaitement logique vu son omniprésence dans les médias francophones. Au PS, on doit avoir des aigreurs face à tous ces journalistes qui jouent à celui qui se déportera le plus à gauche. Rien de cela pour porter le Parti Populaire. Et pourtant, il progresse. Comment expliquer cet étrange phénomène si ce n’est par un véritable mouvement venu de la base? La confiance accordée aux différents gouvernements est tellement faible et l’érosion des partis traditionnels tellement évidente. Et ne parlons pas de la désaffection pour les syndicats qui n’osent plus organiser de grèves tant elles sont impopulaires!

Face à cette exaspération générée par les partis traditionnels, il semble bien qu’une partie des électeurs soient partis eux-mêmes en quête de solution pour sortir de l’ornière. Une fois sortis des balises médiatiques traditionnelles, ils découvrent d’autres canaux d’information et d’autres horizons politiques… Le jour où le débat politique se déroulera à armes médiatiques égales, le PP prendra la place qui lui revient naturellement … par le peuple, et pour le peuple.

T.H.