Le PP défend les producteurs wallons de lait !

Le Parti Populaire a défendu les agriculteurs wallons au Parlement régional. La suppression des quotas laitiers en avril risque de soumettre nos exploitants à rude concurrence, notamment celle représentée par les « mégafermes », dont celle de Picardie. Le PP tire la sonnette d’alarme.

Les quotas ont été mis en place en 1984 afin de réguler un secteur en excédent. Ils passent aujourd’hui à la trappe et risquent de mettre en péril les petits producteurs. Ceux-ci ne savent pas encore comment les marchés vont réagir. On annonce un prix de 0,29 € le litre dans les semaines qui viennent, et même de 0,24 € ou 0,25 € en avril. La demande provenant de nouveaux marchés, comme la Chine, tend à s’essouffler depuis quelques mois.

Le risque de faillite pour les petits producteurs est aujourd’hui réel, au profit d’exploitations de grande taille, essentiellement néerlandaises, danoises ou allemandes, mais aussi des « mégafermes » comme celle des 1000 vaches en Picardie. La question est aujourd’hui de savoir quel modèle –intensif ou extensif- l’Europe souhaite développer. Les pays du sud sont plutôt défavorables à la suppression des quotas et les pays du nord et de l’est, à l’inverse, y sont plus favorables.

Pour le Parti Populaire, les agriculteurs ne sont pas des industriels, le champ n’est pas une usine et l’aliment n’est pas un produit chimique artificiel. Il faut donc trouver le juste équilibre entre la qualité des produits, mais aussi la qualité de vie des agriculteurs d’une part, et d’autre part une politique de liberté économique pour ses acteurs.

En débat au sein du Parlement wallon, le député André-Pierre Puget, qui connaît bien le secteur pour y être actif depuis trente ans, est intervenu : « D’un côté, l’Europe veut dérégulariser en supprimant les quotas divers et en industrialisant l’agriculture pour qu’elle devienne intensive et soumise aux lois du marchés. De l’autre, la région wallonne semble vouloir promouvoir les circuits courts, la production locale et à taille humaine, à l’inverse de l’Europe qui tient un discours ambigu. Quid de la production de proximité au niveau européen et régional alors que deux orientations différentes s’affrontent ? »