Le parcours d'intégration à la wallonne verra-t-il le jour ?

La Flandre envisage d’étendre son parcours d’intégration. Elle vise notamment les étrangers qui transitent par la Wallonie et Bruxelles, où les procédures sont plus souples, avant de s’installer dans le Nord. Le Sud ne semble toujours pas envisager sérieusement un renforcement du caractère obligatoire du parcours, condition sine qua non, pourtant, d’une intégration réussie.

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En Flandre, tout nouveau-venu doit suivre un ensemble de leçons qui forment un vade mecum de la vie à la flamande, comprenant un apprentissage de la langue et des règles de vie en société. Le parcours est obligatoire pour toute personne installée en Belgique depuis moins d’un an.

La majorité nordiste (N-VA, CD&V, Open VLD) entend étendre le délai à cinq ans, car les plus retors peuvent, pour le moment, passer douze mois en Wallonie et à Bruxelles, avant d’aller vivre en Flandre et échapper ainsi au parcours.

La Wallonie semble pourtant réticente à renforcer les conditions de l’accueil sur son territoire. La majorité PS-CDH fait même la sourde oreille aux appels du gouvernement fédéral et de l’opposition wallonne. A l’heure actuelle, seul le premier module, très vague, sur l’accueil du primo-arrivant, est obligatoire. L’apprentissage de la langue ou l’éducation à la citoyenneté ne revêtent, à l’heure actuelle, aucun caractère obligatoire. « Par manque de budget », selon le ministre wallon Maxime Prévot. Mais, tient-il à rassurer, « ce sera le cas pour 2016 ». Vraiment ?

Chaque commune doit signer un accord avec le Centre régional d’Intégration, mais un certain nombre d’entre elles ne sont pas encore en ordre en raison du flou qui règne dans la procédure et les instructions. Maxime Prévot a beau avoir envoyé une circulaire, l’intégration ne semble pas être une priorité. De toute façon, il n’a pas assez de places pour que tous les primo-arrivants suivent les formations. Autant dire qu’un parcours d’intégration n’est pas prêt à sortir des limbes.

Le Parti Populaire est favorable à un renforcement du parcours d’intégration obligatoire, afin que les primo-arrivants s’imprègnent de la culture d’accueil et apprennent à l’apprécier. Un apprentissage des langues, du fonctionnement du pays est donc, plus que jamais, à l’heure où le sacro-saint « vivre ensemble » pose question, indispensable.

GVB