Lundi, le Député fédéral du Parti Populaire, Aldo CARCACI, a visité le marché couvert de Liège.

Carcaci AldoDepuis 1963, cette enceinte de 17.000 m2, réservée au marché agroalimentaire, est située dans le quartier de Droixhe face à la brasserie Jupiler. Historiquement installée au centre ville, place du XX août, victime d’un succès rapide, elle a été délocalisée à une extrémité de la ville pour désengorger le centre. Conceptuellement, il s’agit d’une réplique du célèbre marché de Rungis dans la banlieue parisienne. Jusque début des années 80, 369 grossistes belges, néerlandais et allemands y étaient abrités car proche du nœud autoroutier. Ensuite, ce fut la descente aux enfers.

Les raisons ?

Premièrement, la modification du paysage commercial. Les détaillants de proximité sont obligés de s’effacer pour laisser place aux grandes surfaces avec lesquelles ils ne peuvent rivaliser.

Deuxièmement, le développement de l’Union européenne et ses contraintes, comme celles de la chaîne du froid ou encore du type AFSCA (Agence fédérale de la sécurité de la chaîne alimentaire).

Troisièmement, une amorce de la récession économique.

Et enfin, un manque flagrant de vision politique au niveau de la ville de Liège voire même de la Province de Liège. On décline, de la sorte, de 369 grossistes à une vingtaine. Ce phénomène se présente économiquement comme une spirale négative : moins de grossistes, moins de moyens pour entretenir le site. Conjuguée à cela, la faillite de la ville de Liège qui ne sait plus ou ne veut plus assurer le gardiennage ni le ramassage des immondices. Ces deux postes, de prime abord anodins, représentent un budget annuel d’environ 130.000 euros. A cela, il faut ajouter une modification législative importante relative au précompte immobilier. Ce dernier est budgétisé à hauteur de 85.000 euros par an sans aucune diminution possible malgré une grande inoccupation.

Cette modification est propre à la région wallonne, raison pour laquelle la Flandre n’est pas impactée de la même manière. Le marché couvert a le statut juridique de société coopérative dans laquelle le public est majoritaire et évidemment la ville de Liège est surreprésentée : 8 administrateurs publics pour 7 privés. Malgré cette majorité, le politique local laisse choir ce pôle économique très intéressant pour ce qui est d’emplois peu qualifiés. Actuellement, la direction d’exploitation a été confiée à un homme de terrain issu du secteur privé.Faisant preuve de grandes initiatives, de débrouillardise et d’une rigueur dans la gestion journalière, cet expert-comptable de formation est occupé à réussir un exploit.

En peu de temps, il est parvenu à combler l’occupation à près de 95 %; ce qui, dès lors, génère de nouvelles rentrées financières. Pour ce faire, il avait établi un plan de restauration auquel il n’a pas dérogé et a ouvert les locations à d’autres secteurs tels le stockage en contrepartie d’une participation à la rénovation. D’autres idées sont également en chantier, telles l’aménagement d’une zone de chargement et déchargement d’une société voisine ou encore un grand espace à la vente au détail du type halles alimentaires.

Le marché,tel un phénix, renaît de ses cendres.

Par ailleurs, en guise de conclusions, il est effarant de constater que le pouvoir politique a démissionné de ce projet alors qu’en matière d’emplois, à plein régime, le site peut générer environ 400 équivalents temps plein.

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