Le budget wallon, un déséquilibre coupable

Après plusieurs journées de négociation, le gouvernement wallon a présenté son épure budgétaire pour l’exercice 2015. Le travail était ardu puisqu’il a fallu au gouvernement faire face à un déficit de plus de 1,1 milliard d’euros sur un budget total… de 13,5 milliards. L’effort concernera avant tout une série d’investissements, qui seront davantage étalés dans le temps, et une trop timide réduction des dépenses publiques. Le budget wallon est le fruit d’un manque de courage et des défaillances du gouvernement précédent !

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Le gouvernement annonce qu’il présentera un déficit de 450 millions d’euros en 2015, 300 millions en 2016 et 150 millions en 2017. Le retour à l’équilibre n’aura donc pas lieu –au mieux- avant 2018. Et les comptes de la Wallonie plongeront un peu plus dans le rouge, sans pour autant que des mesures structurelles fortes ne soient prises pour assainir les finances publiques.

Les provinces verront ainsi leur dotation baisser de 9,6 millions d’euros. L’échelon provincial ne présente pourtant aucune plus-value dans le paysage institutionnel belge. La vraie mesure qu’il eut fallu prendre était de les supprimer. De la même manière, aucun travail n’a été entrepris pour rationnaliser le fonctionnement de la Région. Nous en appelons pour notre part à la fusion et à la suppression de nombreuses intercommunales et parastataux inutiles.

Le budget prévoit que toute une série d’investissements seront étalés dans les domaines du tourisme, des crèches, des maisons de repos. En réalité, il s’agit de reporter à demain, et peut-être même à la prochaine législature, le poids de l’effort à fournir, mais aussi de faire payer aux citoyens l’inconséquence des politiques menées et de la gestion hasardeuse. Comment peut-on, malgré les discours destinés à rassurer l’usager, envisager une augmentation du prix du ticket de bus des TEC alors que la fusion des cinq sociétés de transport permettraient de réaliser des économies ?

Nous rappellerons ici que les choix des gouvernements précédents, en termes énergétiques notamment, ont grevé le budget wallon. Le ministre du Budget sortant, André Antoine, aujourd’hui au perchoir de l’assemblée, porte une large part de responsabilité au vu de ses errances comptables. Les différents ministres du gouvernement ont promis, la main sur le cœur, de « faire des efforts » pour équilibrer le budget. Ce n’est pas avec de belles promesses que l’on tient les finances, mais des mesures fortes.

Le député régional du Parti Populaire, André-Pierre Puget, attend que le ministre du Budget Christian Lacroix (PS) expose plus en détail, au sein de la commission idoine, les mesures d’économie qui seront prises et ne manquera pas d’exposer ses réticences et ses remarques.

GREGORY BRUEL