On a les hommes politiques qu’on mérite. L’Europe paie aujourd’hui l’imbécillité de sa décision de faire entrer la Turquie dans l’Union. Cette décision irresponsable, c’est l’oeuvre d’hommes politiques sans envergure. Et le plus bel exemple d’incompétent, sûr de lui, c’est nous, les belges, qui l’alignons: Louis Michel.

Louis Michel et le MR, chauds partisans de l'entrée de la Turquie dans l'Europe
Louis Michel et le MR, chauds partisans de l’entrée de la Turquie dans l’Europe

Porteur méprisé des valises de Jean Gol, le gros gamin gourmand, grossier et aculturé, a réussi à grimper tous les échelons, en politique belge, puis sur le plan international. Ses plus belles bêtises, il les a commises comme Ministre des Affaires étrangères et comme Commissaire européen au Développement et à l’Aide humanitaire. On se rappelle notre tout frais ministre des Affaires étrangères accordant une interview à RTL (une équipe emmenée dans ses bagages) dans l’avion qui l’emmenait vers New York… Louis Michel n’avait jamais mis les pieds aux Etats-Unis (!) mais avait déjà des opinions bien arrêtées sur ce pays “effrayant à plus d’un titre”. Quel chemin parcouru pour ce petit régent en langues germaniques, qui n’est même pas fichu de parler le néerlandais correctement. Quand on l’entend, on se dit qu’il vaut mieux qu’il fasse de la politique, plutôt que d’enseigner le néerlandais qu’il massacre à chaque phrase.

On se rappelle aussi sa demande expresse de ne pas aller skier en Autriche, parce que le parti de droite de Jorg Haider entrait dans la coalition gouvernementale à Vienne et ses déclarations sur “la peste brune” qui allait recouvrir l’Autriche. Du grand n’importe quoi démagogique. Comme sa volonté d’accorder à tout prix le droit de vote aux étrangers non-européens. On voit ce que ça donne aujourd’hui!

Voilà donc un mauvais élève sans formation sérieuse devenu, tel Tartarin, le ministre des Affaires étrangères du pays. Ses stupides menaces d’interdiction de l’espace aérien belge pour les avions américains lors de la deuxième guerre d’Irak restent dans les mémoires. Elles nous ont fait perdre une grande partie de notre crédit aux USA.

La Turquie dans l’Europe? Sur le dossier de l’entrée de la Turquie dans l’Union, Louis Michel a pris très tôt des positions en flèche. Ceux qui accordent de l’intelligence à Louis Michel estiment que ce sont ses convictions de franc-maçon, opposé viscéralement à la religion catholique, qui l’ont poussé à soutenir cette demande d’adhésion de la Turquie; pour contrer l’influence de l’église catholique en Europe. Cela va dans le sens de ses déclarations en 1999 et 2000: “l’Europe chrétienne n’a plus d’avenir, l’Europe multiculturelle a un avenir”.

En 2006, notre Tartarin-qui-sait-tout, devenu Commissaire européen au Développement et à l’Aide humanitaire cisèle un beau discours sur “L’Europe, en panne de projet”. Pour Louis Michel, “l’UE subira une perte massive de son influence géopolitique potentielle si elle décide de laisser la Turquie à la périphérie. Elle perdra aussi son projet d’une Europe ouverte et cosmopolite”.

Ne croyez pas que Louis Michel ait réfléchi depuis. Non. Il est toujours, comme le MR qu’il contrôle sur le plan de la politique internationale, fervent défenseur de l’entrée de 70 à 85 millions de turcs musulmans en Europe. On ne sait pas exactement combien sont les turcs car la Turquie n’a pas de recensement. Ce serait en tout cas le premier pays de l’Union européenne et le groupe musulman serait le premier groupe politique au parlement européen. Frédérique Ries, députée européenne MR, n’ose même pas dire non. Elle demande “un gel temporaire”.

Louis Michel continue à proclamer sa volonté de faire entrer la Turquie dans l’Union: “je suis totalement favorable. Est-ce qu’on a déjà bien vu sur la carte où se trouve la Turquie ? Tout d’abord, je voudrais faire référence à l’Histoire. Il n’y a pas un père fondateur de l’Europe qui a jamais pris comme critère ni l’appartenance géographique, ni l’appartenance philosophique ou religieuse. Ça ne fait pas partie des critères de Copenhague et ça n’a jamais fait partie de l’histoire européenne. On est Européen quand on respecte des valeurs de l’économie de marché et les valeurs démocratiques. Deuxième élément, historiquement, la Turquie a toujours eu un double regard, tout le monde le sait. Un regard à la fois sur l’Occident européen et un regard sur l’Asie. Je pense qu’on a besoin de la Turquie. Si on a envie de jeter 89 millions de Turcs dans les bras de l’islam fondamentaliste, on doit continuer à être méprisant et à les humilier par des discours réticents. J’ajoute, trois, que la Turquie a toujours été un partenaire extrêmement loyal de l’OTAN. Et je dirais même pour terminer, que l’Europe d’aujourd’hui, a plus d’intérêt à ce que la Turquie nous rejoigne que la Turquie à rejoindre l’Europe.”

La bêtise destructrice à l’état pur. Le citoyen belge doit bien se rendre compte que le MR est le parti de l’entrée de la Turquie dans l’Union, plus encore sans doute que le CDH, qui vient de comprendre son erreur d’avoir recherché le vote communautaire avec l’affaire Ozdemir ou encore le PS, empêtré dans ses hypocrisies pour accepter qu’Emir Kir, qui fait la loi au PS bruxellois, évite de devoir reconnaître le génocide arménien.

Erdogan-angry-Source-ReutersL’islamisme en marche. La Turquie avance à grands pas vers l’islamisme pur et dur. Istanbul ou Izmir sont certes des villes cosmopolites où les élites pensent comme nous. Mais la Turquie profonde, celle de l’AKP, a 1000 ans de retard et l’obscurantisme est en marche. Erdogan veut rompre avec le kémalisme et la laïcité. Mustafa Kemal Atatürk avait sorti la Turquie de l’obscurantisme en la faisant entrer à marche forcée dans le 20ème siècle, en adoptant l’alphabet latin et en embrassant les valeurs occidentales. Erdogan considère comme une grande victoire le retour du voile féminin dans les universités. Il a aussi son mot à dire sur l’éviction de la députée bruxelloise voilée du CDH! Ajoutons que sur le plan de l’éthique, l’entourage du président turc est particulièrement corrompu.

Louis Michel considère donc que la géographie n’a pas d’importance et qu’il suffit de respecter les valeurs démocratiques pour faire partie de l’Europe. Bravo au MR! Pourquoi pas le Kazakstan demain en Europe? La Turquie d’Erdogan est incompatible avec nos valeurs, M. Michel. La Turquie retourne au califat. Vous pouvez certes vous entendre avec M. Erdogan, c’est un ancien joueur de foot qui – pas plus que vous – n’a fait d’études.

Nous, Européens serions méprisants et humiliants pour les turcs, Monsieur Michel? S’ils n’entrent pas en Europe, ils vont se jeter dans les bras de l’Islam fondamentaliste? Vos déclarations sont affligeantes. Il est grand temps que vous cessiez de jouer les parrains du gouvernement de votre fiston chéri et que vous cessiez de nuire à la Belgique et à l’Europe.

C.T.