La police bruxelloise reste zen

LE SOIR | 10 AOUT 2011

Cela va se produire à Bruxelles aussi.” Le député MR Alain Destexhe joue les prophètes et prédit une explosion de violences “dans un avenir plus ou moins proche” à Bruxelles. Pas de date annoncée mais bien des lieux précis: Anderlecht (Cureghem) et Molenbeek (quartier Etangs Noirs).

 

En cause, selon le député libéral, “une immigration qui n’est plus maîtrisée depuis une quinzaine d’années” et un chômage des jeunes frôlant les 50% dans certains quartiers.

Le concurrent direct d’Alain Destexhe dans ce créneau politique d’ultra-droite, le président du Parti populaire, Mischaël Modrikamen, a surenchéri. Il voit, lui, dans les émeutes anglaises “les prémisses d’une véritable guerre civile menée par des minorités“, guerre qui nous menace aussi, selon le PP, puisque “le rejet de notre société occidentale se répand chez les immigrés” et que nos dirigeants mènent la “politique de l’autruche” en matière d’immigration.

 

Pas de réaction à ces propos chez les bourgmestres des communes concernées; et du côté policier, ces “avertissements” laissent de marbre. Le porte-parole de la zone de police de Bruxelles-Ouest parle de “jeux purement politiques” entre le MR et le bourgmestre PS de Molenbeek, Philippe Moureaux. Les policiers bruxellois n’ont en tout cas reçu aucune consigne spécifique pour ces prochains jours et disent “faire leur travail partout de la même façon“. La ministre de l’Intérieur, Annemie Turtleboom (Open VLD), refuse aussi tout alarmisme. “Bien sûr, nous dit-elle, je surveille ce qui se passe à Londres. Ce type d’émeutes peut arriver partout en Europe, on l’a vu encore en France récemment. Mais à Bruxelles, chaque fois que des incidents se sont produits, les policiers ont réagi très rapidement, ce qui n’a pas été le cas à Londres. De ce fait, les policiers bruxellois ont toujours pu garder le contrôle de la situation.”