Expulsions, port d'arme et contrôle aux frontières: les propositions du PP

Le Parti Populaire donnait une conférence de presse ce mercredi 20 janvier, au moment où le gouvernement devrait annoncer ses mesures pour assurer la sécurité des citoyens belges face à la menace terroriste. On se rappelle que le PP a déposé le premier une proposition de loi demandant l’expulsion des fauteurs de haine et l’interdiction du retour pour les djihadistes ayant une double nationalité, par déchéance de leur nationalité belge. Le gouvernement semble emboîter le pas au PP malgré les états d’âme du CD&V et ceux de la presse bien-pensante comme La Libre qui ce même jour éditorialisait pour plaindre ces pauvres jeunes djihadistes “expulsés” qui seraient dès lors victime de discrimination par rapport aux djihadistes purement belges, qui eux pourraient rentrer. On croit rêver!

Armée 2Pour M. Modrikamen, président du PP, les partis politiques traditionnels ont créé les problèmes que nous vivons aujourd’hui par un laxisme permanent érigé en «politique» depuis des décennies. Leur responsabilité est écrasante face à la montée d’un Islam radical chez nous. Aujourd’hui, tous se précipitent, Mme Milquet ex-ministre de l’Intérieur en tête, pour réclamer la fermeté. Tant mieux, mais cela ne camoufle pas l’incurie des 20 dernières années.

Pour le PP, les pays d’Europe occidentale ne sont pas confrontés «au terrorisme» mais à l’Islam radical. Il faut nommer les choses par leur nom. Le terrorisme n’est qu’un moyen d’expression et de lutte pour ces courants fondamentalistes ; les Musulmans eux-mêmes le savent et nous devons exiger un aggiornamento de cette religion qui suscite des manifestations d’une grande violence de l’Indonésie au Sahel et au Nigeria, en passant par le Pakistan, la Tchétchénie, l’Egypte ou le Maghreb, avec des morts et des bâtiments incendiés au Mali dans des manifestations contre les «blasphèmes» proférés selon les manifestants, par Charlie Hebdo.

Le problème est interne à l’islam. Ne pas le rappeler et nommer clairement l’islamisme n’est pas rendre service aux Musulmans courageux qui luttent pour ce renouveau. Des intellectuels se sont exprimés en ce sens ! (http://www.lefigaro.fr/international/2015/01/13/01003-20150113ARTFIG00413-des-intellectuels-de-confession-musulmane-appellent-a-une-revolution-en-islam.php)

Il est clair que la majorité des musulmans est pacifique, mais ce sont toujours les minorités qui ont fait l’histoire. Et, d’après tous les sondages, environ 30 % des Musulmans vivant chez nous, sont sensibles au discours radicaux. Pour le PP, ceux qui s’imaginent que nous allons faire l’économie d’années voire de dizaines d’années d’affrontements meurtriers ici et là-bas se trompent et trompent les citoyens. Le Parti Populaire affirme qu’il continuera à sonner le tocsin et envisage d’abord des stratégies sur le long terme.

Les propositions du Parti Populaire

La réponse passe évidemment par un effort d’éducation à nos valeurs entrepris dès la primaire par des cours d’éducation civique mais le PP doute fortement que nos sociétés matérialistes, souvent vidées de tout idéal, puissent contrebalancer les appels de l’islam radical avec cette forme d’absolutisme religieux qu’est le jihad au nom d’Allah.

Cette réserve émise, le PP propose d’imposer un véritable contrat social écrit aux primo-arrivants, aux délinquants, aux jeunes radicalisés avec parcours de citoyenneté obligatoire (formation aux valeurs, conscription, service à la société, etc…) ; pour rappeler, non seulement les droits mais également les obligations, les valeurs d’un pays. Le refus de participer à ce parcours et de signer ce contrat, entraînerait l’obligation de quitter le pays et la déchéance de nationalité.

La réponse à la menace doit être également l’adaptation de l’appareil sécuritaire belge et européen.

1. Pour préserver nos sociétés, le PP veut l’expulsion des fauteurs de haine et le contrôle des imams de la communauté musulmane. Les djihadistes ne peuvent être autorisés à rentrer en Belgique. Il est inexact de prétendre, comme le fait le MR ou plusieurs media, que rares sont les djihadistes qui ont la double nationalité, belgo-marocaine, belgo-tunisienne, belgo-turque, etc… http://www.partipopulaire.be/documents/proposition_de_loi_pp_djihadistes.pdf

Ils ont tous cette double nationalité sauf les belges convertis. Il ne faut en effet pas confondre détention effective d’un second passeport et double nationalité. Les jeunes issus de cette immigration et bien que nés en Belgique, ont automatiquement aussi la nationalité de leur pays d’origine.

2. Le fait de déployer 150 militaires dans les rues, en soutien de la police fédérale ou locale pour la protection des bâtiments importants est une bonne mesure, décidée en deux jours, alors que le PP la réclame depuis des années et s’est fait traiter d’extrémiste par ceux-là mêmes qui viennent de prendre cette décision, soutenue par plus de 70% de la population d’après les premiers sondages.

3. Le cadre de la police belge compte 36.000 policiers mais le cadre effectif est composé de 32.000 personnes. Peuvent s’y ajouter quelques 5.000 à 6.000 hommes effectivement mobilisables au niveau de l’Armée belge. C’est insuffisant ! Le Parti Populaire propose de recréer en plus une Garde Nationale, sur le modèle de la «Garde civique» composée de citoyens patriotes, volontaires, qui recevraient une formation appropriée pour compléter le cadre placé sous la responsabilité de la police fédérale.

4. Pour alimenter cette Garde civique, le PP propose de rétablir une conscription, pour une période limitée de 4 mois, complétée par 1 à 2 mois de formation technique au maintien de l’ordre. Cette formation serait également ouverte aux hommes et femmes entre 18 et 50 ans; l’idée étant de constituer une réserve de plusieurs dizaines de milliers de personnes, qui pourraient effectuer des missions spécifiques quelques jours/mois.

5. Il importe également fusionner certaines zones de police actuelles pour optimiser l’usage de l’équipement et de l’encadrement, en se calquant sur certains arrondissements et ainsi dégager des moyens humains pour le terrain.

6. Enfin, les agents de police (anciennement «auxiliaires de police») qui portent désormais le même uniforme que les policiers mais ne sont pas armés et formés au maniement des armes, devraient l’être pour pouvoir intervenir si nécessaire. Ils sont de plus une cible et ne peuvent se défendre.

7. La détention d’armes et le port d’arme ont été réduits de manière trop restrictive ces dernières années. Le directeur général d’Interpol, Richard Noble, est de cet avis. Les citoyens doivent pouvoir détenir une arme pour se protéger, ce qui était la règle jusqu’il y a 30 ans. Les citoyens exposés aux risques de terrorisme doivent pourvoir être armés, moyennant formation adéquate. Dans les pays où ce port d’armes est autorisé, des actions terroristes ont été déjouées ou limitées dans leur ampleur.

8. Il serait utile de créer un «camps de détention européen» pour que les djihadistes confirmés ne puissent contaminer les autres détenus dans les prisons. Ce camp de détention pourrait d’ailleurs être situé dans un des pays principaux d’origine des djihadistes, comme le Maroc par exemple, moyennant accord de coopération. Un budget spécifique de « déradicalisation » avec des imams spécialisés pourrait être mis sur pied.

9. Enfin, les déplacements des européens doivent être beaucoup mieux contrôlés. Il faut rétablir le contrôle aux frontières; pour réduire la facilité de détenir et de faire circuler des armes. Nous demandons la suspension des accords de Schengen et l’application d’un Passenger Name Record à l’américaine.

10. Vu le rôle trouble joué par la Turquie d’Erdogan, et sa complaisance avec l’état islamique, il est temps de dire clairement que nous ne voulons pas de l’entrée de la Turquie dans l’Europe. Le PP est le seul parti francophone belge à s’opposer à l’entrée de ce pays de plus de 80 millions de musulmans dans l’Union européenne. Même le MR s’y montre toujours favorable, ce qui est incompréhensible.

C.T.