En Belgique, les ressortissants européens peuvent voter au niveau européen et communal depuis 2000. Les non-européens ont, eux, accès aux élections communales depuis octobre 2006. Tant pour les premiers électeurs que pour les seconds, ce vote n’est pas obligatoire. Voici comment les partis les racolent ! Le système Pivin est édifiant. 

EtrangersPressions et procurations en chaîne

 Dans l’affaire Ozdemir, les médias conventionnels ont montré que les élus d’origine étrangère subissaient le poids de la culture de leur pays d’origine. Les liens entre Erdogan et les élus d’ascendance turque ont été démontrés à souhait.

Ce qui n’a, par contre, jamais été dénoncé, ce sont les pressions bien plus fortes qui existent au niveau local. Dans la même lignée que celles exercées sur les élus, elles s’appliquent au sein des familles, quelques semaines avant les élections.

Nous avons récolté le témoignage d’un fonctionnaire chargé des élections communales dans une commune du nord-est de Bruxelles. Son témoignage est édifiant. “La pression lors des élections est énorme” nous fait-il savoir. “Cette pression ne touche pas uniquement les électeurs turcs mais tous les autres également. Les habitants sont véritablement harcelés par les candidats au téléphone. A un point tel que certains souhaitent même se désinscrire des registres électoraux, quand ils en ont encore la possibilité”. Pour ce faire, la méthodologie des harceleurs est simple.

Officiellement, les élus n’ont pas accès à la liste des électeurs. Que ce soit sur base de données personnelles ou tout simplement en ouvrant le bottin téléphonique, les candidats aux élections cherchent les noms à consonance étrangère. Le vote ethnique n’est plus un secret pour personne. Quasi tous les partis ont, sur leur liste, des élus dont la proportion correspond à la situation bruxelloise. Les 26 % d’élus d’origine étrangère sur les listes socialistes en sont la preuve. Ce chiffre correspond à la population bruxelloise. Le vote ethnique n’est pas un choix personnel. Les candidats ne sont pas forcément choisis en fonction de leur engagement. Il est véritablement organisé.

L’autre volet saisissant est le nombre de procurations enregistrées. Les communautés étrangères sont véritablement organisées autour du vote communautaire. On le sait, les étrangers pensionnés restent rarement en Belgique: “La plupart du temps, ils repartent au pays d’origine et reviennent de temps en temps dans leur terre d’accueil pour visiter la famille ou pour se faire prodiguer des soins”. Ils donnent procuration aux membres de la famille ou à des amis restés sur place.

Les étrangers d’un certain âge ne regardent plus les chaînes locales. Ils se désintéressent de l’actualité politique belge. Ils possèdent cependant une voix légale qui représente une arme électorale. Ils donnent procuration à un quidam ou à un membre de leur famille sans se poser plus de questions. N’oublions pas que de nombreux étrangers sont désormais belges. Jusqu’à la réforme de la nationalité en 2013, la nationalité n’était demandée que dans un seul but: avoir plus de facilité pour pouvoir voyager à l’étranger. Le sentiment d’appartenance belge est souvent tout à fait inexistant. D’ailleurs jusqu’à la récente réforme, une connaissance d’une langue nationale n’était même plus demandée”.

Dans ce contexte, parler de la nationalité de provenance des élus ou des électeurs est vide de sens. “Parler de vote ethnique serait bien plus en phase avec la réalité”. En période électorale, les services administratifs reçoivent plus d’une cinquantaine de procurations par jour. Les noms sont quasi tous marocains ou turcs. On peut véritablement parler d’un ratissage des procurations électorales. “Le lien avec le parti socialiste est évident”, renchérit notre informateur. “Dans ma commune, c’est un élu socialiste qui nous les apporte.”

Un jeu politique comme une partie d’échecs

Pivin PhilippeVisite dans les mosquées, engagement d’un employé musulman à des fins électorales, les libéraux essayent de jouer le jeu du vote étranger. C’est ainsi que Philippe PIVIN, Bourgmestre MR de la commune de Koekelberg, essaye de prendre sa part du gâteau au sein de sa population allochtone. C’est discrètement qu’il a ôté ses chaussures avant les dernières élections pour rencontrer sa population musulmane au sein de la mosquée du coin. Qui plus est, l’imam local, un belge qui roule en Mercedes, ne parle aucune des trois langues nationales. Son édifice religieux n’est pas reconnu par l’administration et il émarge au chômage! Peu importe, le service étranger de la commune s’est empressé de trouver une solution pour le séjour de son épouse, en situation irrégulière.

Mais, outre ce petit arrangement qui existe dans la quasi totalité des communes francophones, le mayeur bleu a souhaité engager un marocain d’origine pour draguer sa population de confession musulmane. Ce fonctionnaire, un certain Monsieur Hassan, se promène toute la journée dans les rues koekelbergeoises pour vanter les mérites de son patron. Il accompagne même les administrés marocains jusque dans le bureau « étranger » de la deuxième plus petite commune de Bruxelles-Capitale.

Il y a peu, les autorités locales sont tombées sur des cartes de visite que ce planqué distribuait à foison. Il y était mentionné qu’il était agent de la Sûreté de l’Etat (sic!). Le Bourgmestre lui a poliment demandé de corriger cette carte mensongère et qui aurait pu prêter à rire si elle n’était pas symptomatique d’un abus généralisé. Situation où tous les artifices sont permis, pour draguer ou impressionner une population, même s’il faut se perdre dans le ridicule.

Pierre-Henri MAYEUR