ECOLE : le « vivre-ensemble » en échec

« Un motif religieux ne peut justifier de quitter l’école » tonne Milquet après avoir vu bondir de 40% depuis 2010 le nombre d’enfants scolarisés en dehors de l’école. Ils étaient 538. Ils sont désormais 878. Aujourd’hui, place à l’aveu d’échec d’un pouvoir débordé par un communautarisme dont il a favorisé l’émergence et qui aujourd’hui le dépasse. Le prétendu « vivre-ensemble » s’est mué en « vivre à part » et a gangréné l’école.

MilquetDepuis des décennies, l’enseignement francophone cède à toutes les sirènes du multiculturalisme. L’islam est devenu le dénominateur commun… Au risque de diviser. Les grandes agglomérations sont les plus touchées. Dans la pratique, le vivre-ensemble a conduit à la suppression du porc dans les cantines scolaires. Le corps professoral y mène tant bien que mal la résistance contre les certificats de complaisance délivrés aux jeunes filles pour les exonérer des cours d’éducation physique, contre le discours créationniste, contre le discours négationniste, ou contre le complotisme qui est apparu au grand jour au lendemain de l’assaut contre Charlie Hebdo.

Après plus de trente années de relativisme culturel niais appliqué à l’école par les vieux partis traditionnels, les populations allochtones ont été écartées du processus d’intégration. Pour le PS, le CDH, Ecolo ou le MR, l’assimilation est un gros mot. Et bien maintenant, on peut mesurer le résultat!

Les décrets inscriptions se sont succédés, sans rien arranger à la mixité sociale… traduisez, la question culturelle et cultuelle. Au contraire! En imposant des écoles en fonction du lieu de résidence, les autorités ont obligé la classe moyenne supérieure avec enfants à réagir. Récemment les chiffres de cette catégorie de Bruxellois qui se sont exilés dans le Brabant flamand ont été livrés dans la presse. Ils sont sans appel! Sur le terrain, les quartiers qui ne disposent pas d’écoles attractives sont désertés par ceux qui veulent ménager à leurs enfants la possibilité de suivre un enseignement supérieur. Ceux qui ne peuvent pas quitter leur habitation située dans un quartier mal desservi en écoles d’un niveau correct trouvent dans « l’école à la maison » le moyen de se maintenir sur place sans subir le déclassement scolaire de leurs enfants. Imaginez, vous avez acquis une habitation à crédit. L’immobilier n’est pas en grande forme. Votre enfant se retrouve assigné à fréquenter une école où il n’existe pas, par exemple, d’option latine. A la place, des sections techniques et professionnelles… En réalité, les partis traditionnels vous auront laissé le choix entre vendre peut-être à perte ou sacrifier l’avenir de vos enfants… Dans ce cas, l’école à la maison peut constituer une issue de secours. Toutefois, ces situations seront rares ou temporaires, car cela  implique un grand sacrifice sur le plan professionnel. En effet scolariser un enfant à la maison, cela signifie devenir le prof de math, de français, de néerlandais et de toutes les autres matières.

Enfants_école_immigrés2Désormais, les enfants scolarisés en dehors du système le sont de plus en plus pour des raisons religieuses. Le radicalisme religieux ne connaît pas de limite comme le montre l’actualité désormais quotidienne, en Belgique, comme partout en Europe. Ne pas avoir de porc ou disposer de cours de religion musulmane ne suffit plus au segment le plus radical de cette population. Le simple fait de fréquenter des non-musulmans devient un problème. L’explosion des cas d’enfants retirés du circuit officiel est le signal clair que la société est en proie à la fracture identitaire et que celle-ci est portée par une population qui se fanatise à vue d’œil avec le concours des autorités. Faut-il rappeler que la ministre Milquet, celle qui se plaint aujourd’hui, a renvoyé les acteurs de la prévention contre la radicalisation vers un réseau proche de la nébuleuse des Frères musulmans?

Ces enfants radicalisés aujourd’hui sont les adultes de demain. Plutôt que de nier la gravité du problème en présentant quelques mesurettes de façade, il est urgent de se poser la question de l’avenir de ces radicalisés. Que faire d’un segment de la population, en pleine expansion, qui rejette en bloc les fondamentaux de notre société? Depuis toujours, le Parti Populaire a prôné une politique d’intégration obligatoire qui aurait pu nous préserver de la fracture identitaire. Désormais, il faudra aussi tenir compte de ce gouffre qui sépare les communautés si l’on veut sauver l’école, ou ce qui peut encore l’être!

T.H.