Les propositions des socialistes Demeyer, Lalieux et consorts en vue d’implanter des « lieux d’usage supervisé » et de permettre la distribution contrôlée d’héroïne tournent de commission parlementaire en commission parlementaire. Il faut dire que cette problématique et tout ce qui relève de la légalisation des drogues en général constituent une véritable « marotte », voire une obsession pour le PS qui tente par tous les moyens d’imposer son programme politique depuis plus de vingt ans.

Et quand ce n’est pas par la loi, via le jeu démocratique, il n’hésite pas à user et abuser des méthodes agressives de lobbying, notamment en déroulant le tapis à une myriade d’asbl oeuvrant à la promotion des thèses anti-prohibitionnistes. En langage plus direct, on appelle cela la propagande…

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Pas plus tard que ce midi, la RTBF n’a pas manqué de consacrer la moitié de son émission « Le Forum de Midi » à l’ouverture d’une « salle de shoot » à Paris. Nous avions déjà abordé, dans nos colonnes, le sujet l’année dernière, à l’occasion de l’évaluation du projet de distribution contrôlée d’héroïne, Tadam, mené sur Liège. Il s’agissait en réalité d’une véritable gabegie, un gouffre de plus de 3 millions € (selon les chiffres de La Libre Belgique) qui aura finalement « testé » la formule sur 28 toxicomanes dont plus de 10% sont morts dans les semaines qui ont suivi l’arrêt de l’expérience. Le Parti Populaire avait, à cette époque, clairement exprimé son opposition à toute forme de dépénalisation ou de légalisation des drogues ainsi qu’à toute forme d’organisation d’espaces de consommation. Et il n’a pas changé!

La communauté scientifique « officielle », sans surprise, s’était, à l’époque, empressée de louer le dispositif. Qui oserait dire le contraire quand les recherches dépendent des subsides de la Communauté française, une antichambre du PS? En matière de toxicomanie, cette gauche, toujours prête à avancer que « c’est plus complexe qu’il n’y paraît », ne craint pas de faire des raccourcis. Et elle n’est pas seule à porter ce discours de tolérance vis-à-vis des drogues, même les plus dures. Sans surprise, Ecolo leur emboîte le pas. Plus surprenant, les jeunes MR n’hésitent pas, non plus, à se positionner en faveur des politiques anti-prohibitionnistes. Mais les moins jeunes aussi! Pour preuve, Katty Firket, députée provinciale liégeoise MR, en charge de la Santé, est très active aux côtés de Willy Demeyer, bourgmestre de Liège pour faire avancer le concept de salle de consommation.

Notre confrère Le Soir relatait même, le 15 mai dernier, que la Ville et la Province avaient tenu un collège commun pour aborder ces questions. PS et MR ne forment plus qu’un sur le terrain des drogues… Fort heureusement, le PP n’est pas seul à défendre une politique répressive en matière de drogues. Néanmoins, ce n’est que de l’autre côté de la frontière linguistique qu’il est assuré de trouver des programmes de partis en phase avec le sien, à commencer par celui de la NVA, une formation où même les jeunes refusent de tomber dans les discours lénifiants. Le député Aldo Carcaci, député fédéral ne manquera pas de suivre de près l’évolution de ces propositions de loi que le PP ne cautionne pas!

En effet, en matière de santé publique, il existe déjà des initiatives qui fonctionnent. A commencer par le système d’échange de seringues qui place le toxicomane au cœur d’un dispositif de resocialisation dans lequel il devient un acteur central de la prophylaxie de certaines pathologies (sida, hépatite, gangrène, etc…). Il existe aussi de nombreux traitements de substitution qui, s’ils ne résolvent pas les problèmes d’assuétude, ont néanmoins le mérite d’en atténuer les nuisances pour coût limité.

Délivrer de l’héroïne médicale à prix d’or ne changerait pas fondamentalement la donne, sauf en termes d’explosion des dépenses et de création de postes pour les « amis ». La toxicomanie est un fléau et il est totalement illusoire d’imaginer que l’on puisse le « gérer ». Il doit être combattu!

Le droit-de-l’hommisme appliqué à la toxicomanie, c’est un vernis de permissivité, destiné à mieux cacher l’envers du décor, c’est-à-dire un enfer pour les toxicomanes, mais aussi pour les riverains et les forces de l’ordre pour qui cet environnement est intenable au quotidien. Le cynisme de ces démarches, qui se prétendent généreuses, implique en réalité de prélever auprès du contribuable de quoi financer, parfois à prix d’or, un enfermement chimique des toxicomanes, une mise à l’écart de la société grâce à des lieux et/ ou des produits ad hoc.

Le pire, c’est qu’à partir du moment où les autorités facilitent la consommation des drogues, il devient totalement impossible aux familles, aux parents ou aux écoles de rester crédibles dans leur démarche éducative lorsqu’ils tentent de délivrer un message d’interdit par rapport aux drogues. La politique en matière de toxicomanie nous laisse voir le triste spectacle de certains politiciens prêts à se hisser sur une montagne de cadavres pour ne pas perdre une once de pouvoir, et ça, c’est insupportable!

T.H.