De Wever, pas coupable!

Voilà des jours que les médias, RTBF en tête, et le monde politique se déchaînent sur les propos de Bart De Wever concernant le caractère relatif du racisme. En cause, sa critique de l’échec des politiques migratoires. Ces cris d’orfraies, qui étaient supposés faire rentrer l’opinion publique dans le rang, nous auront juste confirmé deux évidences : l’immigration est un des problèmes majeurs qui taraudent nos concitoyens et c’est aussi un sujet très porteur pour la presse.

bartdeweverRétroactes: Bart De Wever a fustigé la politique migratoire durant ces dix dernières années, responsable selon lui de la radicalisation de ceux qui en ont bénéficié. Globalement très critique sur le casting des arrivants, lorsqu’il dit : « nous avons massivement autorisé (la venue de) la mauvaise sorte de migrants”, il a poursuivi sur l’inconséquence des autorités qui étaient conscientes du problème mais n’ont pourtant rien mis en place pour intégrer correctement ces populations.

Mais c’est un autre passage qui a déclenché une véritable tempête médiatique; celui où il exprime l’idée que « le racisme, comme la plupart des mots en –isme, est relatif » ou que “le racisme est trop souvent invoqué comme excuse”. Et d’ajouter: « je n’ai jamais rencontré un immigré asiatique se plaignant de racisme » pour donner à la twittosphère une occasion de s’emballer, surtout que le bourgmestre d’Anvers a également pointé la population maghrébine en ces termes : « (…) nous avons beaucoup de difficultés à organiser la mobilité sociale dans la communauté berbère d’Anvers qui représente 80% de la communauté marocaine de la ville. C’est une communauté très fermée, (…) très sensible aux thèses salafistes (…) ».

Ceci n’est pas du racisme

Sans attendre, les gardiens de la pensée unique se sont engouffrés, comme un seul homme, sur la voie du « redressement moral ». Aux tweets indignés, aux articles à la gloire de la diversité, sont venues s’ajouter – après mûre réflexion sur le « positionnement marketing » à adopter – les attaques des groupes de pressions et celles des partis politiques, en Flandre, comme du côté francophone…des rangs de l’opposition, comme de ceux de la majorité.

Ce 25 mars, sur Matin Première, ce devait être l’exécution publique de Bart De Wever pour racisme … Mais par contumace, car ce n’est évidemment pas l’accusé qui était invité pour s’expliquer. A sa place, la RTBF s’est tournée vers Patrick Charlier, directeur adjoint du Centre interfédéral pour l’Egalité de Chances. A l’inverse d’un journaliste de la presse officielle, mû par l’idéologie dominante et l’intérêt de la « maison-mère » (en général, les deux se confondent), Patrick Charlier a été contraint de s’en tenir à la loi sur le racisme pour juger les propos de Bart De Wever.

Et celle-ci est sans équivoque: les déclarations de Bart De Wever ne relèvent pas du racisme mais de la liberté d’expression. « Très clairement, ces propos-là ne sont pas répréhensibles », confirme le directeur du CIEC. Alors, quand le droit n’offre aucune prise sur cet ennemi à abattre, la RTBF n’hésite pas à se lancer dans le procès d’intention et à invoquer la morale.

Du temps de l’inquisition, on sondait les âmes pour confondre les hérétiques. A la RTBF, on interroge les intentions pour démasquer les racistes. Morceau choisi : « Voilà, donc au sens de la loi, dont vous êtes en quelque sorte le garant, Patrick Charlier, il n’y a pas de contravention. Mais est-ce que dans l’esprit, il y a, ou une stigmatisation ou un amalgame qui pourrait laisser entendre que c’est du racisme au sens général, pas au sens de la loi, je l’entends? ».

camp-des-saintsQuand le MR et sa bien-pensance moralisent à l’excès

Nous ferons l’impasse sur la réponse de Patrick Charlier sous forme de leçon de catéchisme appliquée à la diversité pour nous intéresser à une autre charge, celle du MR. Ce « tir ami », pourtant peu amical qu’Olivier Chastel et Denis Ducarme ont envoyé dans le camp de leur majorité gouvernementale, ne devrait cependant pas faire de gros dégâts, si ce n’est à leur propre parti. A part discréditer son auteur, un tel condensé de niaiseries n’ébranlera ni l’opinion publique, ni Bart De Wever.

Quand le président du MR déclare qu’ « être libéral, c’est considérer que l’individu prime sur le groupe. C’est aussi s’opposer à toute forme de communautarisme et croire qu’une société libre est d’autant plus forte qu’elle est diversifiée », on l’imagine mal sérieusement tenir ces propos face aux membres de Sharia4Belgium ou face aux centaines de « jeunes » qu’ils ont envoyés en Syrie, et pour qui, évidemment, seul le groupe compte… On se demande aussi si tous les #JeSuisCoulabaly ou les #JeNeSuisPasCharlie que compte la Belgique adhèrent vraiment au libéralisme chastelien. Sans aller si loin, ne les a-t-on pas un peu trop vite amalgamés à une société dans laquelle ils ne souhaitent pas se reconnaître? C’est en substance la question que soulève Bart De Wever.

En Flandre, les électeurs ont résolument choisi des hommes et des femmes politiques tournés vers l’action et l’organisation de la société plutôt que ceux qui se bornent à « croire » ou à réciter les lieux communs de la bien-pensance en mode incantatoire. Le déni n’est pas une solution. Il est LE problème. Surtout lorsqu’il s’agit d’immigration. Côté francophone, de la gauche aux libéraux, des JT à la presse papier, le mot d’ordre est au formatage de l’opinion publique, et il est unanime.

Pour le Parti Populaire, l’essentiel n’est pas de penser correctement, mais de penser librement en conservant un objectif d’efficacité. C’est pourquoi, comme la NVA, le Parti Populaire défend une immigration choisie à l’inverse de la situation actuelle, celui d’une immigration subie qui n’est ni contrôlée, ni encadrée. Aujourd’hui, ce n’est pas Bart De Wever qui déconstruit le vivre ensemble, mais bien une partie des migrants eux-mêmes qui se replient sur leurs communautés. Souvenons-nous des parents de la jeune Sadia qui l’ont assassinée, simplement parce qu’elle voulait s’intégrer et se marier avec un Belge…

T.H.