Les demandeurs d’asile font en permanence notre actualité. Celle que l’on découvre, médusés devant nos écrans. Celle que l’on vit au quotidien, dans la rue, dans nos églises, devant les services étrangers et dans les centres sociaux. Voilà comment on en abuse et des pistes de solution ! 

african-asylum-seekersLes compétences en matière d’asile

Contrairement à ce qui est couramment véhiculé par nos médias désinformés, ce n’est pas l’Office des Etrangers qui gère l’accueil des demandeurs d’asile sur le sol belge. C’est Fedasil, une organisation indépendante, entièrement financée par l’état et qui a en charge l’hébergement des étrangers dans les 18.000 places disponibles sur le territoire. La recevabilité ou non des demandes est analysée par le CGRA. L’Office des Etrangers n’intervient qu’au moment de l’accueil administratif, lors de la délivrance éventuelle d’un titre de séjour ou de l’expulsion des étrangers détenus en centre fermé.

Les demandeurs d’asile ne quittent presque plus jamais le territoire

Suivant les années, entre 60 et 80% des demandeurs d’asile sont déboutés de leurs demandes. On est très loin des Rimbaud, Zola ou Salman Rushdie fuyant leur pays pour sauver leur vie. La majorité des demandes sont des demandes d’asile économique. Les demandeurs sont des étrangers qui veulent atteindre l’Occident pour l’argent qu’il représente. Ces demandes sont normalement irrecevables mais une procédure d’asile ne se résout pas dans les 5 mois. Une batterie de recours leur permet de faire durer une situation tout en continuant de dépendre de l’aide financière octroyée par le Royaume. Lorsque la procédure prend fin (NDLR parfois au bout de 5 ans), d’autres possibilités s’offrent à eux.

Certains évoquent la durée de leur séjour en Belgique et demandent le bénéfice de la régularisation. D’autres font part de problèmes médicaux qui ne pourraient être résolus que sur le continent européen. Très souvent, les motivations sont aberrantes. Un agent chargé de ces demandes d’immigration témoigne : « Généralement, ils évoquent des problèmes psychologiques faisant suite à leurs refus ou tout simplement des maux de dos ». Finalement, la Belgique est prise à son propre jeu. Elle en devient fautive d’offrir des droits et des recours.

Quand ces demandes humanitaires ou médicales ne donnent pas de réponses positives, d’autres sollicitations sont introduites sur les mêmes bases. Des dizaines de bureaux d’avocats se sont spécialisés dans le secteur très lucratif du droit au séjour. Ils exercent une pression sur le gouvernement au même titre qu’une série d’ASBL subsidiées. Ils ont l’oreille de nombreux journalistes et sont des organes de pression réels du côté francophone (la chose est quasi inexistante en Flandre).

Les années s’écoulent, des enfants naissent et sont scolarisés. Parfois des demandes de regroupement familial sont formulées. Le plus souvent autour des enfants qui sont souvent devenus belges. Dans d’autres cas auprès de belges ou d’europén(ne)s via un mariage arrangé. Au final, très rares sont les candidats à l’asile déboutés qui repartent. Les effets d’annonces faits par nos ministres successifs sont donc tout à fait faux. Si la grande majorité des demandes n’aboutissent pas, ces étrangers restent et finissent un jour ou l’autre par obtenir un titre de séjour.

Des rapatriements en bus délaissés faute de budget

Lors du dernier afflux de kosovars, l’Office des Etrangers (en charge des rapatriements) avait mis en place une solution efficace et très peu onéreuse. Dès l’arrivée de ces migrants économiques, des folders leur étaient remis pour les inciter à repartir. Il leur était expliqué clairement que leur requête n’avait aucune chance d’être couronnée de succès. Des bus étaient affrétés par l’Etat belge pour les ramener à destination. Pour se faire, des accords avaient été conclus avec les pays de transit pour faciliter les expulsions. En effet, lors d’un rapatriement, les pays traversés doivent marquer leur accord quant au passage des frontières.

Malgré l’incroyable efficacité de cette solution, il y eut moins d’une dizaine de convois à destination de l’est de l’Europe. En raison de nouvelles règles administratives, toute dépense exceptionnelle devait être validée par le Ministère des Finances. Ce dernier, en raison d’économies de bout de chandelle, a préféré annuler ces dépenses “extraordinaires”. Depuis, ces migrants sont logés, aux frais du contribuable, dans des centres fermés. Ils font ensuite très fréquemment l’objet d’une régularisation.

Une solution : des centres pour demandeurs d’asile hors Schengen

Les semaines amènent toutes leurs lots d’informations en provenance de Méditerranée ou d’ailleurs. Des informations sur les passeurs, sur les bateaux arraisonnés ou sur les embarcations de la mort coulant au large de l’Italie ou de la Grèce. Quelles que soient les décisions qui sont prises (sur base de la politique d’accueil actuelle), les migrants tenteront toujours de rejoindre l’Occident au péril de leur vie.

Ainsi que nous avons pu le démontrer, les étrangers qui demandent l’asile sans fondement, sont rarement expulsés et obtiennent le séjour par des voies détournées.

Le Parti Populaire reprend l’idée d’Herman de Croo (Open VLD), qui avait, en son temps, proposé des centres pour demandeurs d’asile aux portes de l’Europe. Des centres qui seraient constitués grâce à des fonctionnaires des Etats membres; des spécialistes qui seraient habilités à analyser les demandes. Si la proposition avait été largement décriée à l’époque, il apparaît au Parti Populaire que ce serait LA solution pour endiguer les problèmes liés à l’immigration illégale. Cela permettrait de sauver des vies et d’empêcher les jusqu’au-boutistes du séjour d’obtenir leurs papiers à la suite de procédures coûteuses pour la Belgique et sans fin. De cette manière, un demandeur d’asile ne pourrait pas introduire sa demande au départ de la Belgique. Il serait contraint et forcé de le faire en-dehors du territoire.

Un changement de loi nécessaire

Bien entendu, la création de ces centres devrait être accompagnée d’un changement de loi drastique. Dès 2011, les règles en matière de regroupement familial puis de naturalisation ont été durcies. Mais ce n’est pas suffisant. Lorsque les centres pour demandeurs d’asile seront implantés en dehors du territoire, il va de soi que nul ne pourra plus demander l’asile sur le sol belge. De même, l’article 9 et suivants de la loi du 15/12/1980 (ceux qui traitent de la régularisation) seraient annulés. Toute demande de séjour ne pourrait se faire que via un visa en ordre et suite à un accord préalable des autorités belges à l’étranger.

Pierre-Henri MAYEUR