L’arrogance faite femme


A l’occasion de ce 1er mai, Laurette Onkelinx a voulu dessiner son axe Paris-Bruxelles en invitant Christiane Taubira, figure emblématique de la gauche réactionnaire et Garde des Sceaux (Ministre de la Justice en France) depuis l’arrivée de Hollande afin de célébrer ensemble la fête du travail. Un casting qui ne se voulait pas humoristique, et pourtant le socialisme de France, ses « 35h » et sa courbe du chômage qui fait des loopings, il fallait oser!

Mais en Belgique, un étrange esprit provincial permet à n’importe quel Français de passer pour un personnage en vue, et d’y oublier un instant ses contreperformances, comme Taubira et ses 25% de popularité, une disgrâce inscrite dans la durée. Certains tombent plus bas. Dennis Rodman, ancienne star de basket US, retraité de la NBA, échoué de la téléréalité, a été jusqu’en Corée du Nord pour briller aux côté de Kim Jong-Un. C’est conçu comme une opération win-win et pourtant, ça peut très vite virer aux sables mouvants…

Les magnifiques paroles de « Nous sommes deux sœurs jumelles » ne collent que très imparfaitement au tandem Taubira-Onkelinx. Ni l’une ni l’autre n’est joyeuse ou ingénue. Pourtant, le titre était prometteur car elles partagent de nombreux points communs, à commencer par un égo surdimensionné. Faut-il rappeler que celui-ci a poussé Taubira à présenter sa candidature lors des présidentielles de 2002… Celles où le PS a cédé sa place au FN pour le second tour. Onkelinx, aussi a connu des défaites cuisantes, mais plus locales. Comme celle du maïorat de Schaerbeek qui, en 2006, lui a échappé en direct sur un plateau de télévision alors qu’elle était occupée à célébrer un peu hâtivement une victoire qu’elle n’a pas emporté non plus en 2012.

Outre leur inoxydable longévité politique, le parallélisme entre ces deux figures du socialisme en voie de fossilisation est impressionnant. Toutes les deux ont bâti leur ancrage grâce au racolage du vote communautariste. Dans les DOM-TOM et les banlieues pour Taubira. Dans les « quartiers difficiles » pour Onkelinx. Pour parvenir à leurs fins, l’une comme l’autre ont fait main basse sur le ministère de la justice. En s’attaquant de façon frontale à la politique de sécurité, qu’elles ont avec une même rage et une même minutie amené à la déconstruction, elles ont réussi à rayonner aussi bien en prison que sur les bancs de l’université… Et quand on peut en plus façonner la magistrature à l’image de son camp, on comprend que le pouvoir leur soit monté à la tête.

Tête-à-tête pour têtes à claques

taubira_onkelinx-235x140Mais ces deux là sont avant tout populaires pour leur impopularité. Tandis qu’Onkelinx se distingue par la grossièreté de ses interpellations ministérielles qui n’échappent pas à l’œil assassin des caméras et font rire comme jadis les sorties éthyliques de « Papa » Daerden, Taubira ne manque jamais une occasion de placer ses petites citations cache-complexes tirées de sites spécialisés qui font sourire poliment sur les rangs de l’Assemblée mais font illusion auprès des ignares. Taubira et Onkelinx boxent dans la même catégorie, celles des revanchardes arrogantes vite satisfaites d’elles-mêmes.

Pourtant, il n’y a pas de quoi pavoiser. 8e en terme de popularité à Bruxelles, 0nkelinx est clairement en perte de vitesse. Taubira, calée à la 28e place ne fait guerre mieux, 18 points en dessous de Nicolas Dupont-Aignan. La véritable allergie que provoque ce duo d’idéologues de choc dans leur pays respectif n’est pas le fruit du hasard mais bien le résultat des politiques qu’elles ont menées sur le fond.

On ne peut pas impunément imposer aux peuples durant des décennies ce qu’ils refusent viscéralement, que ce soit l’école pour tous, le mariage pour tous, le droit de vote pour tous (même les étrangers non UE), l’insécurité pour tous et son corolaire la prison pour personne, sans oublier la garde alternée pour les enfants, bientôt étendue aux animaux de compagnie! Même en mettant les écarteurs, ça ne passe pas. Taubira a déjà reporté au moins une demi-douzaine d’occasions pour démissionner : Marseille et sa guerre des gangs, mais aussi Dehkar, Nemmouche, Kouachi, Koulibaly, et Ghlam. Au contraire, elle s’accroche avec vigueur. Mais chacune de ses sorties offre 5 points au FN et creuse la fosse commune dans laquelle les socialistes risquent bien d’être ensevelis en 2017. Est-ce la conscience de la répulsion qu’inspire son laxisme « rase gratis » qui l’a empêchée d’assister aux funérailles de la dernière victime, Aurélie Châtelain, dont le sacrifice a évité un carnage dans une église?

Quand le divorce avec le peuple est à ce point consommé, que reste-t-il à part les réunions des socialistes anonymes pour tenter de garder le moral et brandir des roses fanées? L’épineux problème de la sécurité, certainement!

TH